G5 Sahel : Le Mali se retire de l’organisation régionale et de sa force antidjihadiste

TENSIONS DIPLOMATIQUES Le Mali critique le refus qui lui est opposé d’assurer la présidence de cette organisation formée avec la Mauritanie, le Tchad, le Burkina et le Niger

20 Minutes avec AFP
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Un soldat malien devant le logo du G5 Sahel, en 2018 (illustration).
Un soldat malien devant le logo du G5 Sahel, en 2018 (illustration). — AFP

Le Mali continue de jouer l’affrontement sur le plan diplomatique, y compris avec ses principaux partenaires africains. Bamako a annoncé dimanche soir son retrait de « tous les organes et instances du G5 Sahel, y compris la Force conjointe » antidjihadiste. Le pays proteste ainsi contre le refus qui lui est opposé d’assurer la présidence de cette organisation régionale formée avec la Mauritanie, le Tchad, le Burkina et le Niger.

Une conférence des chefs d’Etats du G5 Sahel prévue en février 2022 à Bamako devait « consacrer le début de la présidence malienne du G5 » mais « près d’un trimestre après le terme indiqué » cette réunion « ne s’est toujours pas tenue », dit le communiqué malien.

Un Etat critiqué par Bamako mais non cité

Bamako « rejette fermement l’argument d’un Etat membre du G5 Sahel qui avance la situation politique interne nationale pour s’opposer à l’exercice par le Mali de la présidence du G5 Sahel », sans toutefois citer cet Etat. Selon le gouvernement malien, « l’opposition de certains Etats du G5 Sahel à la présidence du Mali est liée aux manœuvres d’un Etat extra-régional visant désespérément à isoler le Mali », sans également préciser ce dernier Etat.

Les relations entre le Mali et les pays européens, à commencer par la France, se sont largement dégradées ces derniers mois. Le pays est depuis le 9 janvier ciblé par une série de mesures économiques et diplomatiques des Etats ouest-africains pour sanctionner l’intention de la junte de se maintenir au pouvoir encore plusieurs années, après deux putschs en août 2020 puis en mai 2021. La junte a opté pour une transition de deux ans alors que la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) demande à Bamako d’organiser des élections en 16 mois maximum.

Les coups d’Etat militaires au Mali et au Burkina Faso, deux des cinq membres de la Force multilatérale antidjihadiste G5 Sahel, mettent à mal sa capacité opérationnelle, a en outre récemment estimé le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, dans un rapport remis le 11 mai au Conseil de sécurité. « Je suis profondément préoccupé par la détérioration rapide de la situation sécuritaire au Sahel, ainsi que par l’effet potentiellement néfaste que la situation politique incertaine au Mali, au Burkina Faso et au-delà aura sur les efforts visant à rendre plus opérationnelle la Force conjointe G5 Sahel », avait-il dit dans ce document.