Royaume-Uni : Revers électoral sévère pour Boris Johnson lors des élections locales

DEFAITE Les conservateurs perdent au moins 11 conseils, dont Westminster à Londres qu’ils dirigeaient depuis 1964

20 Minutes avec AFP
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Boris Johnson, affaibli par l'affaire des fêtes à Downing Street, a perdu les élections locales.
Boris Johnson, affaibli par l'affaire des fêtes à Downing Street, a perdu les élections locales. — Daniel Leal/AP/SIPA

Trou d’air de mi-mandat ou véritable début de la fin pour le dirigeant conservateur ? Si le décompte n’est pas terminé, le camp de Boris Johnson est en train d’essuyer une sévère défaite électorale, en particulier à Londres, dans des élections locales. Dans la capitale, l’opposition travailliste a ainsi remporté les conseils locaux de Westminster, contrôlé par les Tories depuis sa création en 1964, de Barnet ainsi que Wandsworth, « conseil favori » de l’ex-Première ministre Margaret Thatcher.

Depuis sa circonscription à l’ouest de Londres, Boris Johnson a lui-même évoqué des résultats « mitigés ». Il a reconnu une « dure soirée » jeudi pour les conservateurs dans certaines régions mais revendiqué une progression dans d’autres. Selon les résultats encore partiels, les conservateurs perdent 11 conseils et plus de 170 sièges par rapport à 2018 tandis que le Labour remporte sept conseils et plus de 110 élus supplémentaires.

Contrecoup électoral du « partygate »

Assez pour que le chef du parti travailliste Keir Starmer salue « un tournant ». « Nous avons envoyé un message au Premier ministre, la Grande-Bretagne mérite mieux », a-t-il déclaré, avant de tweeter « le changement commence maintenant ». La progression du Labour est pourtant moindre hors de Londres, où les Libéraux-démocrates et les Verts progressent.

Bien que marqués traditionnellement par des enjeux très locaux et une faible participation, ces élections jaugent pour la première fois les effets du scandale des fêtes à Downing Street pendant les confinements, une affaire qui a valu à Boris Johnson d’être sanctionné par une amende. La popularité de Boris Johnson, 57 ans dont bientôt trois à Downing Street, s’est effondrée après le « partygate ». Il a pour l’instant traversé la tempête, mettant en avant son rôle moteur dans le soutien occidental à l’Ukraine, et se dit déterminé à rester au pouvoir et mener la bataille des prochaines législatives en 2024.

Au pouvoir depuis 12 ans, les conservateurs se voient aussi reprocher leur soutien insuffisant à des ménages étranglés par l’inflation, qui devrait culminer cette année à plus de 10 % selon la banque centrale. Le Labour, principal parti d’opposition, espère bien tirer profit de ses faiblesses. Mais Keir Starmer, qui a plusieurs fois appelé Boris Johnson à la démission, est à son tour visé par une enquête de police, soupçonné d’avoir enfreint les règles sanitaires pour avoir partagé bières et currys avec son équipe fin avril 2021 avant une législative partielle.