Amazonie : Macron épinglé par un juge brésilien au sujet d’une centrale EDF implantée au Brésil

ENVIRONNEMENT Une centrale hydroélectrique contrôlée par EDF est accusée de jouer un rôle dans des feux de forêt en Amazonie

20 Minutes avec agences
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Emmanuel Macron et Jair Bolsonaro lors du G20 d'Osaka, le 28 juin 2019.
Emmanuel Macron et Jair Bolsonaro lors du G20 d'Osaka, le 28 juin 2019. — Jacques Witt/SIPA

Un juge brésilien a réclamé des explications à Emmanuel Macron après des plaintes concernant des dégâts environnementaux près d’une centrale hydroélectrique contrôlée par EDF en Amazonie. Dans son arrêt pris ce mercredi, le magistrat Mirko Vincenzo Giannotte, d’un tribunal de l’Etat du Mato Grosso (centre-ouest), demande au président français de « se prononcer sur le rôle de Sinop Energia », dont EDF possède 51 % des actions, « dans les impacts sur l'environnement au Brésil ».

Sinop Energia a assuré dans un communiqué envoyé à l’AFP avoir « respecté rigoureusement la législation brésilienne et rempli toutes les exigences pour l’obtention de sa licence environnementale ».

EDF accusé de négligence

Trois associations ont porté plainte, accusant EDF de négligence dans la prévention d’incendies qui se sont multipliés depuis 2018 dans la zone où la centrale est implantée, près de Sinop, ville de 150.000 habitants considérée comme une plaque tournante de l’agronégoce. L’arrêt du juge Giannotte contient de nombreuses remarques ironiques adressées au président français, « défenseur de l’environnement qui donne sans arrêt son avis sur la politique environnementale du gouvernement brésilien ».

Selon la presse brésilienne, ce magistrat était pressenti pour être nommé à la Cour suprême par le président d’extrême droite Jair Bolsonaro. Il a demandé que la commission rogatoire soit transmise à l’Elysée par voie diplomatique.

Jair Bolsonaro et Emmanuel Macron, relation tendue

Jair Bolsonaro et Emmanuel Macron ont eu de nombreuses passes d'armes au sujet des feux de forêt en Amazonie, le président brésilien accusant son homologue français de menacer la « souveraineté » du Brésil en critiquant sa politique environnementale.

La France est fermement opposée à la ratification de l’accord commercial entre l’Union Européenne et le Mercosur, doutant en particulier de l’engagement du Brésil à défendre l’environnement, face à l’avancée de la déforestation et des incendies en Amazonie.