Chine : Qui est John Lee, l’ex-policier choisi par Pékin pour diriger Hong Kong ?

POLITIQUE John Lee, 64 ans, était l’unique candidat au poste de chef de l’exécutif de Hong Kong

20 Minutes avec AFP
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John Lee.
John Lee. — Peter PARKS / AFP

Attention, new sheriff in town. L’ancien chef de la sécurité à Hong Kong, John Lee, s’apprête à prendre la tête de la ville après avoir brillé dans son rôle-clé dans la répression du mouvement pro-démocratie. Une main de fer qui a valu à cet ancien policier de rue de devenir l’un des hommes sûrs de Pékin.

Unique candidat

John Lee, 64 ans, unique candidat au poste de chef de l’exécutif de Hong Kong, sera désigné ce dimanche par un comité de quelque 1.500 personnalités acquises à Pékin. Il entamera son mandat de cinq ans le 1er juillet, date du 25e anniversaire de la restitution de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni.

Cet homme issu de la classe ouvrière, qui a commencé sa carrière au bas de l’échelle comme simple flic en uniforme, sera le premier dirigeant de Hong Kong issu du milieu policier. John Lee était le chef de la sécurité de Hong Kong au moment des gigantesques manifestations pro-démocratie de 2019. Il a, à ce titre, supervisé la répression de la contestation ainsi que la sévère reprise en main politique qui a suivi.

Confiance de Pékin

Cela lui vaut de figurer sur une liste de personnalités chinoises et hongkongaises sanctionnées par les Etats-Unis. Mais cela lui a aussi permis de gagner la confiance de Pékin, qui a souvent soupçonné les élites de Hong Kong de manque de loyauté ou d’incompétence.

« John Lee est celui que le gouvernement central connaît le mieux, parce qu’il a constamment eu des contacts et des interactions avec la Chine continentale », explique à l’homme d’affaires Michael Tien, membre pro-Pékin du Conseil législatif de Hong Kong.

Rompre avec les anciens leaders

L’arrivée de John Lee marque une rupture avec les quatre chefs de l’exécutif qui l’ont précédé depuis le retour de Hong Kong dans le giron chinois en 1997, tous issus du monde des affaires ou de l’administration.

Après 35 ans dans la police, Lee était entré au gouvernement en 2012 et a connu une ascension fulgurante. Les médias locaux disent de lui qu’il a bénéficié d’un « ascenseur en platine ». Il était, depuis l’an dernier, le numéro deux de l’exécutif.

Selon Chien-yu Shih, spécialiste des questions de sécurité chinoises à l’Institut pour la Défense nationale de Taïwan, John Lee s’est fait remarquer par Pékin pendant les manifestations pro-démocratie de 2019.

Une main de fer

John Lee, un catholique éduqué chez les jésuites, a grandi dans le quartier populaire de Sham Shui Po. Promis à des études d’ingénieur, il y a renoncé pour entrer dans la police. Il a par la suite raconté à un journal pro-chinois avoir fait ce choix par vocation, après avoir été intimidé et battu par des voyous lorsqu’il était enfant.

Marié et père de deux fils, M. Lee est discret à propos de sa famille. Il a notamment refusé de dire si elle possédait encore la nationalité britannique, à laquelle il a lui-même renoncé quand il est entré au gouvernement.

Il a promis de faire de la « sécurité nationale » une de ses priorités, augurant de la poursuite de la campagne de répression de la dissidence entamée par sa prédécesseure Carrie Lam.