Attentats de Paris : Premières peines de prison requises en Belgique contre des complices

TERRORISME De premières peines de prison ont été requises vendredi devant un tribunal belge contre deux prévenus, présumés morts en Syrie, au procès de quatorze personnes accusées d’avoir aidé les auteurs des attentats djihadistes du 13 novembre 2015 à Paris

20 Minutes avec AFP
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Commémoration du 5e anniversaire des attentats de novembre 2015, en 2020.
Commémoration du 5e anniversaire des attentats de novembre 2015, en 2020. — Lionel Urman/Sipa USA/SIPA

Sammy Djedou et Youssef Bazarouj. Des peines de prison ont été requises vendredi contre ces deux Belges, jugés par défaut, car présumés morts en Syrie, devant le tribunal de Bruxelles, au procès de quatorze personnes accusées d’avoir aidé les auteurs des attentats djihadistes du 13 novembre 2015 à Paris.

La mort du premier a été annoncée par le Pentagone en décembre 2016. Le deuxième, soupçonné d’avoir été associé en Syrie à la cellule des opérations extérieures du groupe Etat islamique (EI). Il aurait aussi été tué en zone de guerre en 2017.

Youssef Bazarouj en contact régulier avec les frères Abdeslam

La représentante du ministère public, Véronique Melot, a requis à l’encontre de Sammy Djedou, poursuivi comme « personne dirigeante d’un groupe terroriste », deux ans de prison, en complément d’une peine de 13 ans déjà prononcée contre lui par le tribunal correctionnel de Bruxelles en juin 2021.

La magistrate fédérale a aussi demandé une peine de cinq ans de prison contre Youssef Bazarouj, poursuivi pour « participation à une activité d’un groupe terroriste », comme peine complémentaire à celle de cinq ans décidée par le tribunal en février 2021. Cet homme originaire de Molenbeek a rallié en 2014 la Syrie et l’EI, et « appartient à la cellule dirigée par (Abdelhamid) Abaaoud (le chef opérationnel des commandos des attentats, NDLR) et (Oussama) Atar (commanditaire présumé des attentats, pilotés par l’EI depuis la Syrie) », a indiqué la représentante du ministère public. Elle a également souligné qu’il avait eu des contacts réguliers, notamment avec les deux frères Salah et Brahim Abdeslam, ainsi qu’avec Mohamed Abrini, autre accusé dans le procès du 13 novembre.

« Paris bis »

Au total, 14 complices présumés des commandos djihadistes à l’origine des attentats du 13 novembre 2015 qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis sont jugés depuis le 19 avril devant le tribunal de Bruxelles. Les réquisitions doivent se poursuivre jusqu’à lundi.

Ce procès se déroule parallèlement à celui qui a lieu devant la Cour d'assises spéciale de Paris, pour vingt accusés, dont quatorze présents. Il s’agit de juger des suspects écartés de la procédure judiciaire française mais soupçonnés par la Belgique d’avoir transporté, hébergé ou aidé financièrement certains auteurs des attaques de Paris et de Saint-Denis.

Le procès bruxellois, dit « Paris bis », est prévu jusqu’au 20 mai. Le jugement, mis en délibéré, devrait être rendu le 30 juin au plus tard.