Guerre en Ukraine : L’Allemagne va livrer des blindés de type « Guepard » à l’armée de Volodymyr Zelensky

ARMEE C’est un tournant majeur dans la politique prudente suivie jusqu’ici par Berlin dans son soutien militaire à Kiev

Pigiste Chaud
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Guerre en Ukraine: Les Occidentaux accélèrent la livraison d'armes en Ukraine — 20 Minutes

L’Allemagne va autoriser la livraison à l’Ukraine de blindés de type « Guepard », a annoncé mardi la ministre de la Défense, ce qui constitue un tournant majeur dans la politique prudente suivie jusqu’ici par Berlin dans son soutien militaire à l’Ukraine.

« Nous avons décidé que l’Allemagne allait livrer des chars antiaériens Guepard à l’Ukraine », selon des déclarations de la ministre Christine Lambrecht à l’ouverture d’une réunion avec ses homologues occidentaux sur la base militaire américaine de Ramstein, dans l’Ouest de l’Allemagne.

Une quantité encore inconnue

Le nombre de blindés, spécialisés dans la défense antiaérienne, n’a pas été précisé. Ces véhicules proviendront des stocks de l’industrie allemande de la défense et non des réserves, limitées, de l’armée allemande. Une quarantaine de pays se réunissent mardi sur la base de Ramstein, à l’invitation des Etats-Unis, pour renforcer la défense de l’Ukraine qui, selon le ministre américain de la Défense Lloyd Austin, « peut gagner » face à la Russie si on lui en donne les moyens.

La France a d’ores et déjà annoncé qu’elle envoyait des canons Caesar d’une portée de 40 kilomètres et le Royaume Uni a donné des missiles anti-aériens Starstreak et des blindés.

Pression parlementaire

Le chancelier allemand Olaf Scholz est de son côté sévèrement mis en cause par ses voisins d’Europe centrale et de la Baltique pour son refus de livrer des armes lourdes réclamées par l’Ukraine. Ces critiques y voient en partie la continuité d’un tropisme pro-russe de son parti social-démocrate, le SPD.

En Allemagne même, le débat politique était vif ces dernières semaines, y compris au sein de la coalition gouvernementale où les Verts et libéraux jugent insuffisant le soutien apporté à Kiev et exhortent le chef de l’exécutif à autoriser la livraison de matériel offensif, notamment des véhicules blindés.

Les groupes parlementaires des trois partis au pouvoir se sont ainsi entendus mardi pour demander au gouvernement d’Olaf Scholz de livrer des armes lourdes à l’Ukraine, selon un projet de motion au Bundestag.

Accélérer la livraison

Les groupes du SPD, des Verts et du FDP vont demander cette semaine au gouvernement de « poursuivre et, si possible, d’accélérer la livraison de l’équipement nécessaire à l’Ukraine et d’étendre également la livraison aux armes lourdes et aux systèmes complexes, par exemple dans le cadre de l’échange circulaire » impliquant d’autres pays européens, selon ce projet de motion.

Les formations plaident aussi pour que les soldats ukrainiens soient formés en Allemagne et dans d’autres pays de l’Otan à l’utilisation des systèmes livrés. « Dans un premier temps, nous avons fourni à l’Ukraine de grandes quantités d’armes provenant des stocks de l’armée allemande, comme des bazookas et des missiles antiaériens », a déclaré Christine Lambrecht sur la base de Ramstein.

Une commande symbolique

Le principe désormais, a expliqué Christine Lambrecht, est que l’Ukraine « passe commande » auprès des groupes industriels et que « l’Allemagne paie ». Les fonds destinés à l’amélioration des capacités militaires ukrainiennes vont ainsi être portés à deux milliards d’euros, a confirmé la ministre.

L’Allemagne avait aussi annoncé la semaine dernière qu’elle allait livrer des chars à la Slovénie afin que ce pays d’ex-Yougoslavie puisse transférer ses propres blindés de fabrication soviétique à l’Ukraine. Ce type d’échange circulaire pourrait être discuté avec d’autres pays d’Europe de l’Est.

Le chancelier Scholz a jusqu’ici justifié sa politique prudente en matière d’armements lourds par le souci d’éviter une confrontation directe entre l’Otan et la Russie, puissance nucléaire. « L’Allemagne a été critiquée. Mais les chiffres disent autre chose », a plaidé Lambrecht mardi matin, rappelant notamment les investissements massifs dans la défense annoncée par l’Allemagne fin février.