Fermeture de Guantanamo : Barack Obama persiste et signe

WASHINGTON Malmené, au sein même de sa majorité, le président américain a réaffirmé dans un grand discours ce jeudi sa détermination à fermer le camp de détention...

NB avec agence

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Le président américain Barack Obama a réaffirmé sa volonté de fermer le camp de détention de Guantanamo lors d'un grand discours sur la sécurité nationale.
Le président américain Barack Obama a réaffirmé sa volonté de fermer le camp de détention de Guantanamo lors d'un grand discours sur la sécurité nationale. — WASHINGTON POOL/SIPA

Malgré le refus de sa majorité de lui allouer les fonds nécessaires, rien ne l’arrête. Le président américain Barack Obama a affirmé jeudi sa détermination à fermer le camp de détention de Guantanamo et à nettoyer le «bazar» laissé par son prédécesseur, George W. Bush, malgré le débat très polémique sur la manière de rompre avec des pratiques antiterroristes controversées.

«Le coût que nous aurions à payer en maintenant (Guantanamo) ouvert dépasserait de loin les complications que posent sa fermeture», a déclaré Barack Obama dans un grand discours à Washington.

«Nous sommes en train de nettoyer ce qui est tout simplement un beau bazar», a-t-il déclaré.

«Des centaines de terroristes déjà dans nos prisons»

Le président américain a également défendu l'idée de transférer des détenus de Guantanamo vers des prisons de haute sécurité aux Etats-Unis, malgré l'inquiétude soulevée par la perspective d'un transfert de ces prisonniers sur le sol américain.

«Nous chercherons à transférer certains détenus vers le genre d'installations dans lesquelles nous détenons toutes sortes de criminels dangereux et violents à l'intérieur de nos frontières, des prisons de haute sécurité qui assurent la tranquillité du public», a expliqué Barack Obama.

«Gardez ceci à l'esprit: personne ne s'est jamais échappé de l'une des nos prisons fédérales (dites) supermax, dans lesquelles sont enfermés des centaines de terroristes», a-t-il argumenté.

Détention indéfinie pour les plus dangereux?

Avant d’ajouter qu’il n’excluait pas la possibilité de maintenir indéfiniment en détention les personnes soupçonnées de terrorisme les plus dangereuses.

Le président américain a admis que les suspects de terrorisme détenus à Guantanamo qui ne peuvent actuellement être jugés mais continuent à être dangereux représentaient «le problème le plus difficile» pour son administration au moment où elle essaie de tenir la promesse de fermer le camp.

Il a reconnu envisager la possibilité qu'après que son administration aura épuisé tous ses recours, il reste un certain nombre d'individus «qui ne peuvent être poursuivis pour leurs crimes passés, mais qui n'en représentent pas moins une menace pour la sécurité des Etats-Unis».

«Je ne libérerai pas des gens qui représentent un danger pour les Américains», a-t-il assuré.

Les pratiques de l’ère Bush impunies?

Barack Obama a par ailleurs noté que «certains Américains étaient en colère quand ils pensent aux agissements des huit dernières années» mais il s'est opposé à la constitution d'une commission indépendante sur les pratiques antiterroristes controversées de l'ère Bush, affirmant qu'il était nécessaire pour les Américains de se «concentrer sur l'avenir».

Si certains ont réclamé la création d'une commission indépendante, «je me suis opposé à la création d'une telle commission parce que je crois que les institutions démocratiques existantes sont suffisamment fortes pour que la justice soit respectée», a-t-il expliqué.

Barack Obama a cependant souligné que cela n'excluait pas des enquêtes de la part du Congrès ou du ministère de la Justice...