Covid-19 : A Shanghai, un allègement du confinement en demi-teinte

ISOLEMENT Alors que la capitale économique chinoise desserre la vis, dans les faits les habitants de Shanghai sont toujours soumis à une surveillance particulièrement lourde

20 Minutes avec AFP
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A Shangaï, les rues sont désertes, la population est confinée à cause du Covid-19.
A Shangaï, les rues sont désertes, la population est confinée à cause du Covid-19. — CFOTO/Sipa USA/SIPA

Après 20 jours d’isolement, Mme Rui a enfin pu mettre le nez dehors. Mais Shanghai reste une ville confinée aux allures de ville fantôme. La capitale économique chinoise affronte la pire flambée de Covid-19 enregistrée dans le pays depuis le début de la pandémie. Plus de 17.000 nouveaux cas positifs au coronavirus  y ont encore été annoncés vendredi – un chiffre toutefois en reflux.

Placés sous confinement  total depuis début avril, les 25 millions d’habitants de Shanghai peuvent, de façon épisodique et seulement pour certains d’entre eux, sortir quelques heures afin de goûter à un petit vent de liberté. Mais la courte balade de Mme Rui dans les rues de la ville avait un côté surréaliste, entre rues désertes, vitrines de magasin parfois barricadées et même un salon de coiffure installé… Dans une piscine vide.

Centres de quarantaine

Près de chez elle, quelques supérettes ont rouvert, mais bloquent leurs entrées avec des piles de paniers à provisions, obligeant les clients à « crier leur commande depuis le trottoir », explique cette chargée de communication dans une société de vente en ligne. « La période qui vient de passer était vraiment difficile pour tout le monde », souligne-t-elle à propos des trois semaines écoulées.

Car en plus du confinement, les habitants de Shanghai, s’ils sont testés  positifs, sont envoyés dans des centres de quarantaine au confort aléatoire, qui hébergent chacun des centaines voire des milliers de personnes dans la promiscuité.

Miettes de liberté

Mais avec le nombre de nouveaux cas quotidiens qui diminue, la mairie commence à autoriser certains résidents à sortir de chez eux et les usines à reprendre leur activité. Les autorités municipales ont ainsi publié une liste des zones où les confinements ont été assouplis.

Ces deux dernières semaines, 12 millions de personnes ont ainsi été informées qu’elles pouvaient désormais descendre les escaliers de leur immeuble, voire sortir dans la rue – en fonction du niveau de risque de leur quartier par rapport au Covid-19. Mais l’enthousiasme suscité par cette liberté retrouvée a vite été tempéré.

« C’est déjà pas mal »

Car dans la pratique, un enchevêtrement de restrictions continue de limiter les déplacements et de nombreuses zones de la ville risquent de revenir à un confinement strict. Des vidéos publiées par des Shanghaïens ayant pu sortir de chez eux ces derniers jours montrent des avenues bordées d’arbres pratiquement désertes.

Des paysages de quiétude perturbés occasionnellement par un livreur à scooter ou un agent en combinaison intégrale de protection. « Je ne peux pas quitter mon quartier, mais c’est déjà pas mal », écrit un utilisateur du réseau social Xiaohongshu.

Des zones et des règles changeantes

Des policiers  placés aux intersections vérifient toutefois que les gens dehors viennent bien d’un quartier à faible risque. La situation est variable selon les quartiers. Dans certains secteurs, malgré l’assurance de la mairie qu’ils sont libres de se déplacer, les habitants restent limités à une seule balade quotidienne.

D’autres sont toujours confinés dans leur appartement alors qu’ils habitent dans des zones à faible risque. Pour Dan, un Américain qui habite dans le district de Jing’an, ce manque de clarté est « vraiment exaspérant ». Les autorités « publient ces listes [des zones où les confinements sont assouplis] pour pouvoir dire que les choses s’améliorent. Mais tout en restreignant et en contredisant la politique qu’elles mettent elles-mêmes en place », peste-t-il.