Soupçonné de trafic de drogue, l’ex-président du Honduras extradé aux Etats-Unis

NARCOS Juan Orlando Hernandez est accusé d'avoir participé à un trafic de 500 tonnes de cocaïne et sera jugé à New York

20 Minutes avec AFP
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L'ancien président du Honduras Juan Orlando Hernandez sera jugé à New York.
L'ancien président du Honduras Juan Orlando Hernandez sera jugé à New York. — Elmer Martinez/AP/SIPA

Il encourt la perpétuité. L’ancien président du Honduras, Juan Orlando Hernandez, a été extradé jeudi vers les Etats-Unis où un tribunal de New-York entend le juger pour sa participation à un gigantesque trafic de 500 tonnes de cocaïne entre 2004 et 2022.

Escorté et menotté, Hernandez, au pouvoir entre 2014 et 2022, a pris place à bord d’un avion de l’Agence antidrogue américaine, qui a décollé à 14H27 heure locale (20H27 GMT) d’une base de l’armée hondurienne à Tegucigalpa, ont constaté des journalistes de l’AFP. Son avion devait faire escale à Fort Lauderdale (Floride), avant d’atterrir à New York, où l’attend la justice américaine.

L’ex-chef de l’Etat, 53 ans, qui a cédé le pouvoir le 27 janvier à la nouvelle présidente de gauche Xiomara Castro, a été arrêté moins de trois semaines plus tard, le 15 février, dans sa résidence de la capitale.

« Narco-Etat »

La veille, le tribunal fédéral de Manhattan avait déposé une demande formelle d’extradition de l’ex-président de droite pour sa participation présumée à une « association de malfaiteurs (qui) a transporté plus de 500 tonnes de cocaïne aux Etats-Unis ». Le ministre de la Justice américain Merrick Garland l’a accusé d’avoir « abusé de son poste de président du Honduras de 2014 à 2022 pour faire fonctionner le pays comme un narco-État », lors d’une déclaration à la presse jeudi.

« Hernández est soupçonné d’avoir reçu des millions de dollars de plusieurs organisations de trafic de drogue », a ajouté le ministre à Washington. Notamment, en 2013 « un pot-de-vin d’un million de dollars d’El Chapo, qui était le chef du cartel de Sinaloa, en échange d’une promesse de protéger le trafic de drogue des cartels au Honduras », a détaillé le procureur fédéral de Manhattan, Damian Williams. « A cause de ces crimes présumés, des communautés aux Etats-Unis ont souffert et le peuple du Honduras a souffert », a insisté Merrick Garland.

Ex-allié des Etats-Unis

Juan Orlando Hernandez, qui s’était présenté comme le champion de la lutte contre le trafic de drogue avait d’abord été vu par les Etats-Unis comme un allié dans ce combat. Washington avait été en 2017 l’une des premières capitales à reconnaître sa réélection alors que l’opposition dénonçait des fraudes sur fond de manifestations qui ont fait une trentaine de morts.

La justice américaine a depuis condamné son frère, l’ex-député « Tony » Hernandez, en mars 2021 à la perpétuité pour avoir oeuvré aux côtés des narcotrafiquants dans ce vaste trafic vers les Etats-Unis. Les procureurs américains estiment que l’ancien président – élu député à partir de 1998 puis président du Parlement à partir de 2009 – est lui aussi impliqué dans l’importation des centaines de tonnes de cocaïne.

La chute a été excessivement rapide pour l’ex-chef d’Etat. Le 17 mars, un juge d’extradition de première instance avait accédé à la demande des Etats-Unis, confirmée le 28 mars par la Cour suprême du Honduras. L’ancien chef de la police nationale entre 2012 et 2013, Juan Carlos « Tigre » Bonilla, arrêté le 9 mars sera lui aussi extradé prochainement, poursuivi par le même tribunal pour avoir « supervisé » les opérations.