Guerre en Ukraine : La CIA prévient du risque nucléaire posé par un Vladimir Poutine confronté à des revers militaires

PORTRAIT (SIC) La CIA n’a pas eu de mots assez durs pour un Vladimir Poutine « revanchard », « têtu », qui a sombré au cours des ans dans un « mélange explosif de griefs, d’ambition et d’insécurité »

Marion Pignot
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Vladimir Poutine bénéficie du soutien de sa population lorsque la Russie participe à un conflit
Vladimir Poutine bénéficie du soutien de sa population lorsque la Russie participe à un conflit — Vic_B Pixabay

Les revers militaires en Ukraine pourraient inciter le président russe Vladimir Poutine à recourir à une arme nucléaire tactique ou de faible puissance dans ce pays, a estimé jeudi  le chef de la CIA, William Burns. « Vu qu’il est possible que le président Poutine et les dirigeants russes sombrent dans le désespoir, compte tenu des revers qu’ils ont subis jusqu’ici d’un point de vue militaire, aucun de nous ne peut prendre à la légère la menace que représente le recours potentiel à des armes nucléaires tactiques ou des armes nucléaires de faible puissance », a déclaré Williams Burns lors d’un discours à Atlanta.

Le Kremlin a évoqué la mise en alerte de ses forces nucléaires « mais nous n’avons pas vraiment constaté de signes concrets comme des déploiements ou des mesures militaires qui pourraient aggraver nos inquiétudes », a ajouté le patron de la principale agence de renseignement américaine, qui s’exprimait devant les étudiants de l’université Georgia Tech. « Il est évident que nous sommes très inquiets. Je sais que le président [Joe] Biden est profondément préoccupé par le risque d’une Troisième Guerre mondiale et fait tout pour éviter de parvenir au point où un conflit nucléaire devient possible », a-t-il ajouté.

La doctrine « escalade-désescalade »

La Russie dispose de nombreuses armes nucléaires tactiques, d’une puissance inférieure à la bombe d’Hiroshima, conformément à sa doctrine « escalade-désescalade » qui consisterait à faire usage en premier d’une arme nucléaire de faible puissance pour reprendre l’avantage en cas de conflit conventionnel avec les Occidentaux.

Mais cette hypothèse implique que « l’Otan intervienne militairement sur le terrain en Ukraine au cours de ce conflit, et ce n’est pas une chose, comme le président l’a clairement fait savoir, qui est prévue », a-t-il souligné.

Rappelant avoir été ambassadeur des Etats-Unis à Moscou, William Burns n’a pas eu de mots assez durs pour un Vladimir Poutine « revanchard », « têtu », qui a sombré au cours des ans dans un « mélange explosif de griefs, d’ambition et d’insécurité ». « Chaque jour, Poutine démontre qu’une puissance en déclin peut être aussi déstabilisante qu’une puissance ascendante », a-t-il ajouté.