Diego Maradona : Le parquet demande un procès pour homicide par négligence contre les soignants

JUSTICE Les professionnels de santé poursuivis « ont été les protagonistes d’une hospitalisation à domicile sans précédent, totalement déficiente et imprudente », selon les procureurs. Diego Maradona est décédé à l’âge de 60 ans d’une crise cardiorespiratoire en novembre 2020

20 Minutes avec agences
Diego Maradona lors d'une conférence sur le foot en Jordanie, le 4 mai 2015.
Diego Maradona lors d'une conférence sur le foot en Jordanie, le 4 mai 2015. — Raad Adayleh/AP/SIPA

Les procureurs qui enquêtent sur le décès en 2020 en Argentine de la légende du football Diego Maradona ont demandé que le personnel de santé qui s’est occupé de lui soit jugé pour homicide par négligence. La demande a été formulée ce mercredi par les procureurs qui ont estimé que les « omissions » et les mauvaises manipulations de huit professionnels de la santé en charge de Maradona l’ont placé dans une « situation d’impuissance », l’abandonnant « à son sort » lors d’une hospitalisation à domicile « scandaleuse », selon le dossier du tribunal cité par l’agence de presse officielle Telam.

Maradona est décédé à l’âge de 60 ans d’une crise cardiorespiratoire le 25 novembre 2020, sur son lit médicalisé dans une résidence du nord de la capitale argentine, alors qu’il était en convalescence après une neurochirurgie. Le neurochirurgien et médecin de famille Leopoldo Luque et la psychiatre Agustina Cosachov font l’objet d’une enquête pour sa mort, en tant que principaux responsables de la santé de l’ex-footballeur.

De 8 à 25 ans de prison encourus

Le psychologue Carlos Díaz, la coordinatrice médicale Nancy Forlini et le coordinateur infirmier Mariano Perroni, les infirmiers Ricardo Almirón et Dahiana Madrid, et le médecin clinicien Pedro Pablo Di Spagna sont également accusés. Le parquet les accuse d' « homicide simple avec dol éventuel », une infraction qui est caractérisée lorsqu’une personne commet une négligence tout en sachant sciemment que celle-ci peut entraîner la mort de quelqu’un. Ils risquent des peines allant de 8 à 25 ans d’emprisonnement.

Selon les procureurs, les accusés « ont été les protagonistes d’une hospitalisation à domicile sans précédent, totalement déficiente et imprudente », et auraient en outre commis une « série d’improvisations, de fautes de gestion et de manquements ». Après ce réquisitoire, la défense doit présenter ses arguments et pourra demander le non-lieu. L’affaire pourrait ensuite être portée devant le tribunal de San Isidro, dans la banlieue nord de Buenos Aires.