L'armée écrase les Tigres tamouls

Sophie Cois (avec AFP)
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 Les Tigres sont vaincus. Les rebelles tamouls ont annoncé hier avoir cessé 

   les combats contre l'armée 

   sri-lankaise, admettant leur défaite après trente-sept ans de conflit. « Nous avons décidé de faire taire nos armes. Nous regrettons simplement que des vies aient été perdues », a déclaré le porte-parole des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE). Plus de 70 000 personnes ont été tuées, dont 6 500 ces quatre derniers mois, selon l'ONU, au cours de ce qui fut la plus longue guerre civile en Asie. 

   Depuis 1972, les rebelles se battaient pour la création d'un Etat indépendant tamoul. Acculés sur moins d'un kilomètre carré dans le nord-est du pays, quelques membres des LTTE résistaient encore à l'armée, hier soir. Cette dernière a promis de les « achever » : « Nous nous battrons et reprendrons chaque centimètre de territoire qu'ils ont occupé », a affirmé un porte-parole des militaires. Un peu plus tôt dans la journée, ils avaient assuré avoir « sauvé » la totalité des « 50 000 civils otages » piégés dans la zone des combats. 

   C'est une victoire pour le président sri-lankais, Mahinda Rajapakse. Mais elle ne sera totale que quand le chef des LTTE, Velupillai Prabhakaran, invisible depuis dix-huit mois, sera capturé, mort ou vif. « Nous n'avons aucune information à son propos », a déclaré le ministère de la Défense, balayant les rumeurs qui le disaient mort, à l'étranger ou caché avec ses derniers disciples. « Le problème reste entier, estime Olivier Guillard, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques. Si Prabhakaran meurt, d'autres prendront le relais. » Les rebelles bénéficient en effet du soutien, notamment financier, de la diaspora tamoule en Europe, en Amérique du Nord et en Australie. W