Etats-Unis : Le policier qui a tué Amir Locke lors d’une perquisition « sans frapper » ne sera pas poursuivi

POLEMIQUE La justice du Minnesota a estimé qu’elle ne pouvait pas prouver que l’agent avait enfreint la loi

P.B. avec AFP
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Des manifestants réclament que justice soit rendue pour Amir Locke, tué par la police à Minneapolis le 5 février 2022 après une perquisition où les agents sont entrés sans frapper.
Des manifestants réclament que justice soit rendue pour Amir Locke, tué par la police à Minneapolis le 5 février 2022 après une perquisition où les agents sont entrés sans frapper. — Christian Monterrosa/AP/SIPA

Au mauvais endroit, au mauvais moment. Le procureur du Minnesota a annoncé mercredi qu'il renonçait à poursuivre le policier accusé d'avoir tué Amir Locke, un jeune Afro-Américain abattu lors d'une perquisition à Minneapolis en février, estimant qu'il n'y avait pas assez de preuves démontrant que l'agent avait enfreint la loi. «C'est une déception», a réagi l'avocat de la famille Jeff Storms, estimant que le jeune homme serait «encore en vie» si la police avait frappé avant d'entrer.

Amir Locke n'était pas recherché par la police. Son nom ne figurait pas sur le mandat signé par un juge. Il possédait une arme achetée légalement. A 6h48, il est endormi sur le canapé d'un de ses cousins –dont le jeune frère était recherché par les autorités– quand une équipe du SWAT de Minneapolis ouvre la porte sans frapper en criant «police». La suite dure 9 secondes. Une demi-douzaine d'agents entrent, braquant leur arme et leur lampe torche sur ce jeune Afro-Américain de 22 ans. Un policier donne un coup de pied dans le canapé. Amir Locke s'agite sous sa couette et attrape son arme. L'agent Mark Hanneman tire trois fois. Le jeune homme est transporté à l'hôpital où il décède.

Dans son rapport initial, la police avait assuré que qu'Amir Locke avait pointé son arme «en direction» de l'officier. Mais selon images des bodycams, l'arme était orienté vers le sol.

Les mandats «no knock» suspendus à Minneapolis

C'est «une situation qui fend le coeur» dans laquelle «un jeune homme est mort», mais «on ne peut pas juger quelqu'un parce que le public le souhaite», a souligné le procureur, qui est Afro-Américain.

Ces mandats dits «no knock» ont été impliqués dans plusieurs dossiers de violences policières contre la communauté noire dans le pays, notamment lors de la mort de Breonna Taylor, dans le Kentucky. Le Minnesota avait restreint leur usage après les grandes manifestations de l'été 2020. Le maire de Minneapolis, Jacob Frey, avait annoncé juste après le drame la suspension immédiate de ce type de mandats dans sa ville.