Guerre en Ukraine : L’ONU se prononce jeudi sur la demande de suspension de la Russie du Conseil des droits de l’Homme

SANCTION Il faut la majorité des 2/3 pour que cette suspension soit validée

X.R. avec AFP
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L'Assemblée générale de l'ONU se réunit jeudi.
L'Assemblée générale de l'ONU se réunit jeudi. — Brendan Smialowski / AFP

La sanction est surtout symbolique, mais pas moins importante : la Russie pourrait se voir suspendue du Conseil des droits de l'Homme de l’ONU. L’Assemblée générale de l’organisation se réunira « jeudi à 10 heures locales » à New York, confirme la porte-parole Paulina Kubiak, pour voter sur cette demande des Occidentaux. « La Russie ne devrait pas occuper une position d’autorité dans cet organe, et nous ne devrions pas non plus permettre à la Russie d’utiliser son rôle au sein du Conseil comme un outil de propagande pour suggérer qu’elle a une préoccupation légitime concernant les droits de l’Homme », avait indiqué lundi l’ambassadrice américaine à l' ONU, Linda Thomas-Greenfield.

« En fait, nous voyons chaque jour (…) des rapports déchirants sur le peu d’intérêt qu’ils portent aux droits de l’Homme. La participation de la Russie au Conseil des droits de l’Homme est une farce. Cela nuit à la crédibilité du Conseil et de l’ONU dans son ensemble », avait-elle ajouté. « C’est pourquoi nous pensons qu’il est temps que l’Assemblée générale des Nations unies les suspende », avait précisé la diplomate américaine.

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni confiants

Pour que la Russie soit suspendue du Conseil des droits de l’Homme, siégeant à Genève, il faut une majorité des 2/3 des pays lors du scrutin auquel sont conviés les 193 membres de l’Assemblée générale. Les abstentions ne sont pas prises en compte. Les Etats-Unis, comme le Royaume-Uni qui a apporté son soutien à la démarche américaine, sont convaincus d’obtenir cette majorité. D’autres pays membres, européens mais aussi africains, en sont moins sûrs, ont confié plusieurs diplomates.

Le secrétariat de l’ONU a de son côté exprimé des réticences sur une telle suspension, craignant qu’il n’ouvre la porte à n’importe quelle demande de suspension d’un pays dans n’importe quel organe de l’ONU par n’importe quel pays. Le Conseil des droits de l’Homme est le principal forum des Nations unies chargé de promouvoir ce domaine. Né en 2006, il est composé de 47 États membres, élus par l’Assemblée générale.

La Russie et l’Ukraine membres actuellement

Outre la promotion des droits humains, il a pour mission l’examen régulier de leur situation dans les pays membres de l’ONU. Le Conseil peut aussi se saisir de toute question ou situation en lien avec les droits humains qui l’exige, y compris au cours de séances exceptionnelles, qui peuvent être convoquées en urgence. Ce fut notamment le cas récemment pour la situation en Ukraine ou en Ethiopie.

La Russie a été membre par intermittence depuis 2006. Un Etat ne peut faire que deux mandats d’affilée et ensuite il doit attendre au moins un an avant de pouvoir prétendre à siéger à nouveau. Mais la situation actuelle est tristement ironique : tant l’Ukraine que la Russie sont actuellement membres du Conseil, et le mandat de la Russie expire en 2023.

Dans l’histoire de l’ONU, la Libye de Mouammar Kadhafi avait été suspendue en 2011 du Conseil des droits de l’Homme par un vote par acclamation de l’Assemblée générale des Nations unies. A la différence de la Russie, il ne s’agissait pas d’un membre permanent du Conseil de sécurité et Tripoli n’y siégeait pas comme membre non-permanent.