Etats-Unis : Barack Obama réuni avec son « vice-président » Joe Biden à la Maison Blanche

BROMANCE L'ancien président américain est revenu dans son ancienne résidence pour la première fois depuis janvier 2017 à l'occasion d'un élargissement de sa réforme de la santé

20 Minutes avec AFP
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Barack Obama et Joe Biden à la Maison Blanche, le 5 avril 2022.
Barack Obama et Joe Biden à la Maison Blanche, le 5 avril 2022. — Carolyn Kaster/AP/SIPA

On prend les mêmes et on recommence… ou presque. Barack Obama est revenu mardi à la Maison Blanche, pour la première fois depuis 2017, invité par Joe Biden à parler d’un sujet qui leur est cher à tous les deux, l’accès à la santé aux Etats-Unis. Comme c’était à prévoir, l’ancien président et l’actuel ont rivalisé de blagues et de complicité, faisant revivre, de manière presque troublante parfois, l’époque où Barack Obama était président et Joe Biden son second.



Remis de son infection au Covid-19, le premier a ainsi commencé son discours par un « vice-président Biden » sonore, déclenchant l’hilarité de l’assistance par ce faux lapsus. Et le second a entamé ses propres déclarations par un « Je m’appelle Joe Biden et je suis le vice-président de Barack Obama », avant d’assurer, nostalgique, que la présence de ce dernier lui rappelait « le bon vieux temps. »

Elargissement « d’Obamacare »

Les deux hommes ont déjeuné ensemble mardi – comme ils le faisaient quand Barack Obama était président, une fois par semaine, et comme Joe Biden le fait désormais avec la vice-présidente Kamala Harris. « Nous ne savions plus qui devait s’asseoir où », a plaisanté l’actuel chef de l’Etat. « C’est bon d’être de retour à la Maison Blanche », a dit pour sa part Barack Obama, qui n’y avait plus mis les pieds après en avoir laissé les clefs à Donald Trump.

L’ancien président avait été invité à célébrer la réforme sans doute la plus emblématique de ses deux mandats : le « Affordable Care Act », plus connu sous le nom de « Obamacare », en vigueur depuis mars 2010. Joe Biden a signé un décret améliorant la prise en charge des membres d’une même famille, ce qui devrait permettre à un million d’Américains supplémentaires d’être pris en charge.

Réforme compliquée

A l’heure où Joe Biden a dû enterrer l’essentiel de ses grandes réformes sociales, pour cause de virulente opposition républicaine et de désaccords dans le camp démocrate, Barack Obama a tenu à rappeler qu’il avait eu bien du mal à faire passer cette législation.

L'« Obamacare », qui avait suscité à l’époque de vives protestations des républicains, et qui représente encore pour certains conservateurs une trop grande intrusion de l’Etat dans la vie des Américains, avait pour projet de réduire les immenses inégalités dans l’accès aux soins en généralisant l’accès à une assurance santé. « Je voulais réformer le système de santé même si cela me coûtait la réélection et à un moment, ça a bien failli en prendre le chemin », a encore plaisanté Barack Obama, ajoutant que la législation n’avait pas seulement « survécu » aux tentatives répétées de l’abroger, notamment sous Donald Trump, mais qu’elle était désormais « sacrément populaire. »

Cette cérémonie de signature a surtout permis à la Maison Blanche de dérouler une opération de communication soigneusement ficelée autour de Barack Obama, dont la simple présence attire en masse les journalistes et les caméras, à sept mois des législatives périlleuses en novembre.