Etats-Unis : La juge Ketanji Brown Jackson presque certaine d’être confirmée à la Cour suprême

VOTE La candidate choisie par Joe Biden a passé un cap procédural, lundi, et trois républicains ont annoncé qu'ils la soutiendraient

20 Minutes avec AFP
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La juge Ketanji Brown Jackson, nommée par Joe Biden à la Cour suprême, lors de son grand oral devant le Sénat américain, le 21 mars 2022.
La juge Ketanji Brown Jackson, nommée par Joe Biden à la Cour suprême, lors de son grand oral devant le Sénat américain, le 21 mars 2022. — Ken Cedeno/UPI//SIPA

Sauf accident, elle devrait devenir la première femme noire à siéger à la Cour suprême. La juge Ketanji Brown Jackson a fait un pas de plus lundi en direction de la plus haute instance judiciaire américaine, avec un premier vote de procédure sur sa candidature. La magistrate de 51 ans, nommée par le président Joe Biden, est quasi-assurée d’obtenir le feu vert final du Sénat lors d’un vote en séance plénière, probablement d’ici la fin de semaine.

Tous les élus du parti démocrate la soutiennent ainsi qu’au moins trois sénateurs républicains, Susan Collins à laquelle se sont joints Lisa Murkowski et Mitt Romney, ce qui garantit une majorité suffisante.

En attendant, les élus de la commission judiciaire de la chambre haute, qui l’ont auditionnée pendant plus de 30 heures en mars, se sont prononcés, selon de strictes lignes partisanes (11 voix pour, 11 contre) sur son dossier. Ce vote, qui permet surtout de passer à l’étape suivante, « est rien de moins qu’historique », a estimé le sénateur démocrate Dick Durbin qui préside cette commission.

108 hommes blancs sur 115 juges

Sur les 115 juges ayant siégé à la Cour suprême, il n’y a eu que cinq femmes – quatre blanches et une hispanique – et deux hommes noirs. Au-delà du symbole, l’arrivée de la juge Jackson, pour remplacer le progressiste Stephen Breyer, ne modifiera pas les équilibres au sein de la haute juridiction, où les juges conservateurs conserveront six sièges sur neuf.

En raison de ce faible enjeu, les élus républicains ont surtout utilisé son audition pour faire résonner leurs thématiques de campagne en vue des élections de novembre, à commencer par la criminalité, qui augmente selon eux à cause du « laxisme » de Joe Biden.

En écho à cette thèse, ils ont attaqué la candidate sur son bilan en tant que juge, l’accusant d’avoir prononcé des peines légères dans plusieurs dossiers de pédopornographie. Les démocrates ont au contraire loué ses qualifications -- elle est diplômée de la prestigieuse université d’Harvard, a une expérience dans le privé et le public, a été avocate et juge fédérale -- et sa personnalité posée et « empathique ». Lundi encore, le président Biden a vanté ses « qualifications extraordinaires », sa « vaste expérience », son « intellect », et son « bilan rigoureux de juge ». « Elle mérite d’être confirmée », a-t-il tweeté.