Benoît XVI «content de son voyage» en Terre sainte

RELIGION Le pape a achevé vendredi un pèlerinage de six jours en Israël et dans les territoires palestiniens. Un voyage marqué par son soutien à un Etat palestinien, ses appels à la paix et une polémique sur ses (non) déclarations sur la Shoah...

Maud Descamps (avec agence)

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Le pape Benoît XVI à l'aéroport ben Gouriou, à côté de Tel Aviv, achève sa tournée en Terre Sainte, le 15 mai 2009
Le pape Benoît XVI à l'aéroport ben Gouriou, à côté de Tel Aviv, achève sa tournée en Terre Sainte, le 15 mai 2009 — Darren Whiteside/Reuters

Un premier voyage réussi, mais sans surprise. Les écueils étaient pourtant nombreux: contexte politique israélien difficile, polémique autour de Richard Williamson, jeunesse controversée du pape. Pourtant, c'est un bilan positif qui peut être tiré de ce premier voyage de Benoît XVI en Terre sainte.
 
Le souverain pontife, qui s'était annoncé en «pèlerin de la paix», a dû «trouver l'équilibre juste entre le politique et le religieux, tout en accordant une place à chaque communauté religieuse», explique à 20minutes.fr Nicolas Senèze, auteur de «La crise intégriste: vingt ans après le schisme de Mgr Lefebvre». «Le seul "faux-pas" qu'on pourrait lui reprocher est peut-être son manque de passion lors de sa visite à Yad Vashem», poursuit-il.

Mise au point sur la Shoah

Cette visite au mémorial de la Shoah a suscité de nombreuses réactions. Juste avant de décoller pour Rome le pape a tenté, dans une déclaration de dernière minute, de rectifier l'impression négative perçue par nombre d'Israéliens après sa visite de lundi. «C'est là que tant de juifs ont été exterminés brutalement par un régime sans Dieu qui a propagé une idéologie d'antisémitisme et de haine. Ce chapitre épouvantable de l'histoire ne doit jamais être oublié ou nié», a-t-il dit à l'aéroport.
 
Après sa visite à Yad Vashem, il avait été critiqué en Israël pour ne pas s'être excusé en tant qu'Allemand et catholique pour l'extermination des juifs, ne pas avoir évoqué les «six millions» de juifs victimes du IIIe Reich et ne pas avoir parlé de la responsabilité allemande ou employé le mot «nazi».
 
La réconciliation israélo-palestinienne

Sa tournée au Proche-Orient aura également été marquée par ses encouragements aux Israéliens et aux Palestiniens à se réconcilier et à oeuvrer à la mise en place de deux Etats.«Que la solution à deux Etats devienne une réalité, qu'elle ne reste pas un rêve», a déclaré le pape lors d'une cérémonie d'adieu à l'aéroport Ben Gourion, près de Tel-Aviv. En appelant à la création d'un Etat palestinien, le pape a fait sienne la principale revendication des Palestiniens.

Sa visite dans un camp de réfugiés palestiniens, aux portes de Bethléem en Cisjordanie, lui a également permis de dénoncer l'édification par Israël du mur de séparation qu'il a qualifié de «tragique». Mais le pape, soucieux d'améliorer les relations entre chrétiens et juifs - compliquées par la levée de l'excommunication de l'évêque négationniste intégriste Richard Williamson et sa volonté de béatifier Pie XII - n'a pourtant pas ménagé les symboles envers les juifs. Il a inséré une prière dans le Mur des Lamentations, s'est recueilli à Yad Vashem et a rencontré les deux Grands rabbins de Jérusalem.
 
Les chrétiens craignaient d'être oubliés par Benoît XVI en raison du contexte politique chargé de ce voyage. Le souverain pontife les a encouragés à ne pas quitter la terre où leur foi a ses racines, malgré des conditions de vie difficiles.
 
Un voyage symbolique, pour un pape «content»

Juste avant de monter dans l'avion, le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, a déclaré: «le pape est très content de ce voyage» qui a été «un temps d'écoute très important» pour lui et lui permet d'avoir «maintenant une vision beaucoup plus personnelle des problèmes de la région». Un voyage qui demeure très symbolique. «Il ne faut pas trop en attendre après cette visite », explique Nicolas Senèze.