Covid-19 en Chine : Plus de 25 millions d’habitants confinés à Shanghai, des parents craignent des séparations

MESURES Le ministère de la Santé a annoncé ce samedi 6.300 nouveaux cas positifs à Shanghai

20 Minutes avec agences
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Des habitants vont faire un test Covid-19, à Changchun en Chine le 11 mars 2022.
Des habitants vont faire un test Covid-19, à Changchun en Chine le 11 mars 2022. — /AP/SIPA

La quasi-totalité des 25 millions d’habitants de Shanghai ont été confinés ce samedi, au moment où la Chine affronte sa pire flambée épidémique depuis deux ans et où des parents craignent d’être séparés de leurs enfants par les strictes mesures anti-Covid. La capitale économique est devenue ces derniers jours l’épicentre en Chine d’une nouvelle vague de contaminations, liée au variant Omicron, qui a commencé à s’accélérer début mars.

Pour éviter un confinement total préjudiciable à l’économie, la mairie a d’abord mis alternativement sous cloche les deux moitiés de la ville pour y réaliser un dépistage général. La partie ouest de Shanghai (Puxi) a été confinée vendredi, au moment où l’est (Pudong) devait lever ses restrictions après quatre jours de confinement.

La crainte des parents

Samedi, la mairie a finalement annoncé un maintien plus ou moins strict des mesures dans la quasi-totalité de cette partie de Shanghai, où se trouvent notamment les emblématiques gratte-ciel du quartier d’affaires. Cette décision équivaut à un confinement de facto de la plus grande ville de Chine, où sont implantées de nombreuses multinationales et qui représente environ 4 % du PIB du géant asiatique, selon des analystes. « J’ai peur que les deux parties de la ville restent fermées encore un certain temps », a affirmé à un habitant de l’ouest de Shanghai.

Face au rebond épidémique, plusieurs halls d’exposition de la métropole ont été transformés ces derniers jours en centres de quarantaine de fortune. Des parents disent craindre d’y être confinés s’ils sont testés positifs, et s’inquiètent aussi pour leurs enfants, dont ils pourraient être séparés, en vertu de strictes mesures d’isolement.

« Insensé »

« Ma fille n’a même pas quatre mois. Si elle est testée positive, elle sera placée en quarantaine toute seule », a affirmé, un habitant. « C’est insensé ! Un nouveau-né ne doit pas être séparé de ses parents, peu importent les circonstances », fulmine cet homme de 33 ans, qui réside dans la partie ouest de Shanghai. Si des parents sont testés positifs au Covid et doivent être isolés, la ville apportera une « aide rapide » aux mineurs laissés sans surveillance, a assuré un responsable de la municipalité, Zeng Qun, cité samedi par l’agence Chine nouvelle. Les enfants laissés seuls à la maison seront pris en charge par « des tuteurs temporaires » ou seront placés dans un lieu prévu à cet effet, a précisé le responsable.

Le ministère de la Santé a annoncé samedi plus de 9.875 nouveaux cas positifs au niveau national, dont environ 6.300 à Shanghai. Dimanche, l’annonce inopinée des premières mesures de confinement pour le lendemain avait provoqué un afflux de consommateurs anxieux dans les supermarchés. Depuis, les prix des légumes ont bondi – triplant sur certains marchés – et des habitants se plaignent d’un manque de produits frais.

Plusieurs dizaines de millions de Chinois sont par ailleurs confinés dans le nord-est du pays, berceau de l’industrie automobile. En plein rebond épidémique, le salon auto de Pékin, initialement prévu à la fin du mois, a annoncé samedi son report sine die.