Guerre en Ukraine : Selon Kiev, l’armée russe a pris des otages en quittant la centrale de Tchernobyl

CONFLIT On ignore combien de soldats ukrainiens sont retenus par l’armée russe

20 Minutes avec AFP
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Image satellite de l'arche de confinement du réacteur #4 de Tchernobyl.
Image satellite de l'arche de confinement du réacteur #4 de Tchernobyl. — MAXAR

Le mouvement s’est décanté dans la soirée. Alors qu’un haut responsable du Pentagone indiquait mercredi que les forces russes commençaient à se retirer des sites de Tchernobyl et de l’aéroport de Gostomel, la centrale est désormais vide. Mais ce retrait, ou plutôt ce repositionnement, ne soulage pas les autorités ukrainiennes.

« En quittant la centrale nucléaire de Tchernobyl, les occupants russes ont pris avec eux des membres de la Garde Nationale qu’ils retenaient en otages depuis le 24 février », a déclaré sur Telegram l’agence d’Etat ukrainienne Energoatom, citant des employés. « Il n’y a plus de personnes étrangères (au service) dans l’enceinte de la centrale nucléaire de Tchernobyl », site de la pire catastrophe nucléaire civile de l’Histoire, avait précédemment indiqué sur Facebook l’agence d’Etat. On ignore combien de soldats ukrainiens ont été retenus en otages par les forces russes.

La centrale inspectée

En quittant la centrale, les Russes se sont livrés au « pillage de locaux, vol des équipements et d’autres objets précieux », a accusé l’agence. Des spécialistes ukrainiens vont désormais inspecter la centrale en quête de potentiels « engins explosifs », selon la même source. L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a cessé, depuis le 9 mars, de recevoir en direct les données provenant de Tchernobyl. Elle s’est inquiétée dimanche de l’absence de rotation du personnel de la centrale depuis le 20 mars.

Le réacteur numéro 4 de la centrale a explosé en 1986, causant la pire catastrophe nucléaire civile de l’histoire. Il est recouvert d’un double sarcophage, l’un construit par les Soviétiques et désormais endommagé, l’autre, plus moderne, inauguré en 2019. Les trois autres réacteurs de la centrale ont été progressivement fermés après la catastrophe, le dernier en 2000.

Repositionnement de 20 % des troupes

L’aéroport militaire d’Antonov, à Gostomel, avait été attaqué par les forces russes le 25 février, au lendemain du début de l’invasion de l’Ukraine. Le porte-parole du Pentagone, John Kirby, a par ailleurs indiqué que « moins de 20 % » des forces russes dont l’avancée sur Kiev a été empêchée par la résistance ukrainienne « commençaient à se repositionner » en direction de la Biélorussie.

« Nous estimons qu’ils se repositionnent en Biélorussie. Nous n’avons pas de nombre exact, mais c’est notre estimation préliminaire », a ajouté Kirby au cours d’un point de presse, soulignant qu’aucune des unités ne semblait quitter les alentours de l’Ukraine. « Ce n’est pas un détail », a-t-il noté. « Si les Russes étaient sérieux sur une désescalade, parce que c’est ce qu’ils affirment, ils les renverraient chez eux. Mais ce n’est pas ce qu’ils font ».

Moscou, qui dit souhaiter se focaliser sur la région du Donbass, où se trouvent les zones séparatistes de Donetsk et de Lougansk, s’est engagé à « réduire radicalement (son) activité militaire en direction de Kiev et Tcherniguiv », dans le nord du pays. Pourtant, les bombardements n’ont pas cessé, notamment dans l’est du pays et autour de Kiev, a noté John Kirby.