l'opinion européenne fait l'Union des 27

Faustine Vincent

— 

Certains en doutent, pourtant l'opinion européenne existe bel et bien.

A trois semaines des élections du 7 juin en France, voilà à quoi elle ressemble et ce qu'elle raconte.

G

Qui la mesure ?

L'Eurobaromètre, créé en 1974 , est un institut de sondage européen rattaché à la Commission. C'est lui - et lui seul, regrettent des analystes -, qui prend le pouls de l'opinion deux fois par an, via des enquêtes dans les 27 Etats membres. Budget de l'opération : 5 millions d'euros, auxquels s'ajoutent 10 millions pour des sondages ciblés sur certains secteurs (santé, etc.), effectués tous les deux ou trois mois.

G

Parle-t-elle d'une seule voix ?

Certains sujets font consensus : « L'attachement à l'Europe [seuls 5 % des Européens veulent quitter l'Union européenne (UE)], la nécessité de réguler l'immigration, les questions écologiques, la coopération en matière de terrorisme, le désir de proximité avec les Etats-Unis et la globalisation, avec l'idée que l'UE protège et doit protéger encore plus », détaille Dominique Reynié, prof à Sciences-Po et auteur de L'Opinion européenne en 2009 (éd. Lignes de repères).

G

Sur quoi se déchire-t-elle ?

L'opinion européenne est divisée notamment sur tout ce qui touche à la délocalisation. « L'ex-Europe de l'Ouest se sent concurrencée par les nouveaux arrivants de l'Est, explique Dominique Reynié. C'est encore plus vrai aujourd'hui avec la crise. La crainte que les entreprises partent à l'Est est forte, même si c'est infondé. Mais l'opinion, c'est une perception, donc elle peut aussi se tromper. »

G

Est-elle plus complexe à 27 ?

« Non, il existe les mêmes différences à 27 Etats membres qu'à 9, lorsque nous avons commencé nos enquêtes, explique Antonis Papacostas, responsable d'Eurobaromètre. Ce qui a changé, c'est que le triptyque "liberté, démocratie, prospérité" qui dominait l'opinion européenne avant la fin de la guerre froide a laissé place à deux autres concepts : l'euro et le libre-échange. »

G

A-t-elle le moral en 2009 ?

Sans surprise : non. La crise économique a accentué son pessimisme. Elle est aussi inquiète face à l'émergence de nouvelles puissances. Le monde change, mais l'Europe reste inerte à ses yeux. « L'UE n'a pas trouvé son projet pour le XXIe siècle », explique Gaëtanne Ricard-Rihoul, du groupe de réflexion Notre Europe. Les Européens l'attendent. W