Kouchner et Lellouche surveillent les élections

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Le 20 août, les Afghans auront le choix entre 44 candidats pour élire

leur nouveau président.

Parmi eux figure l'actuel chef de l'Etat, Hamid Karzai, qui se présente pour un deuxième mandat. Auront-ils tous les mêmes chances ? Pour s'en assurer, le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, et le « Monsieur Afghanistan et Pakistan » français, Pierre Lellouche, sont depuis hier et jusqu'à samedi dans le pays. « On se bat pour que ces élections soient équitables, a expliqué ce dernier. On ne soutient aucun candidat en particulier, [...] certainement pas Karzai plus que quelqu'un d'autre. » En privé, on ne cache pas son inquiétude. « Karzai ne joue pas le jeu, relève une source proche du dossier. Et les oscillations des Etats-Unis envers lui, alternant critique et invitation à la Maison Blanche, sont gênantes. » En 2004, Karzai avait remporté l'élection avec 55 % des voix. Aujourd'hui, contesté pour son échec face à la montée de la violence et de la corruption, il n'est plus crédité que de 14 % d'intentions de vote. En outre, le choix de ses colistiers a provoqué la stupeur de la communauté internationale. Ses candidats à la vice-présidence sont en effet deux anciens chefs de guerre, dont Mohammad Qasim Fahim, figure clé de l'opposition. Or le maréchal Fahim, un ancien proche de Massoud, est accusé de violations des droits de l'homme lors de la guerre civile (1992-1996) et d'être toujours impliqué dans les activités des groupes criminels afghans.

Cette élection est un test crucial pour l'Afghanistan, gangrené par la corruption (80 % de l'aide internationale versée au pays s'est évaporée), le trafic de drogue (qui avoisine 5 milliards de dollars) et la multiplication des attaques des fondamentalistes depuis deux ans. W

F. V.