Une pacifiste adulée

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Aung San Suu Kyi est une icône en Birmanie. Depuis la création de son parti,

la Ligue nationale pour la démocratie (LND), en 1988, la dirigeante de l'opposition livre inlassablement un combat pacifique pour l'avènement de la démocratie. Fille du général Aung San, le héros de l'indépendance birmane assassiné en 1947, et d'une diplomate, elle représente aux yeux de la junte militaire la principale menace. Un an avant les législatives de 1990, son succès est tel auprès de la population que la junte décide de la neutraliser en l'assignant à résidence. Ce qui n'empêche pas la LND de remporter les élections avec presque 80 % des voix. Mais la junte refuse sa victoire et annule les résultats. Un an plus tard, « la Dame » reçoit le prix Nobel de la paix. Malgré le soutien dont elle bénéficie dans le monde entier, Aung San Suu Kyi reste assignée à résidence. Au total, elle a été privée de liberté plus de treize ans depuis 1989.

Mariée à un universitaire britannique, avec qui elle a eu deux enfants, Aung San Suu Kyi est restée en Birmanie quand il est mort d'un cancer en 1999, de crainte de ne pouvoir y retourner. Hier, son parti a « vivement dénoncé » l'inculpation de sa dirigeante, qui n'a « commis aucun crime ». W

F. V.