Torture: la CIA rejette la demande de Dick Cheney de déclassifier deux notes

ETATS-UNIS Selon l'ancien vice-président, ces documents prouvent que les interrogatoires musclés ont permis de déjouer des attentats...

Avec agence

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Le président américain Barack Obama va autoriser la publication d'un rapport datant de la précédente administration et détaillant les méthodes de torture utilisées contre les personnes soupçonnées d'appartenir au réseau terroriste Al-Qaïda, rapporte l'hebdomadaire Newsweek.
Le président américain Barack Obama va autoriser la publication d'un rapport datant de la précédente administration et détaillant les méthodes de torture utilisées contre les personnes soupçonnées d'appartenir au réseau terroriste Al-Qaïda, rapporte l'hebdomadaire Newsweek. — Timothy A. Clary AFP/Archives

Un ancien de l'administration Bush qui demande à la CIA de déclassifier des documents sur la torture, c’est plutôt rare. Mais selon Dick Cheney, ces deux notes montrent que les techniques d'interrogatoires controversées (comme le waterboarding),  avaient permis de déjouer des attentats.

 

La CIA a annoncé jeudi avoir rejeté la demande de l'ancien vice-président, a indiqué un porte-parole de la CIA, Paul Gimigliano. Ce litige résulte en l'occurrence de plaintes, déposées notamment par Amnesty International, contre la CIA et le département de la Défense américain pour réclamer la publication de documents secrets, a précisé le porte-parole.

«Pour cette raison, et uniquement pour cette raison, la CIA n'a pas accepté la demande de M. Cheney», a-t-il dit.

 
Obama l’équilibriste
 

Il a ajouté que la requête du vice-président avait suivi une procédure d'examen classique au sein de l'agence et avait été étudiée par des services ayant une «longue expérience de la gestion et de la publication d'informations».

 

L'administration du président américain Barack Obama a publié fin avril des notes internes rédigées par des juristes du département de la Justice, qui fournissaient à la CIA l'argumentaire juridique pour infliger aux terroristes présumés des traitements censés les faire parler, comme la simulation de noyade.

 

Dick Cheney avait demandé que soient aussi déclassifiées deux notes qui, selon lui, montrent que ces interrogatoires ont permis à la CIA d'empêcher des attentats terroristes.

 

Obama, lui, joue les équilibristes. Interrogé lors de sa dernière grande conférence de presse, il avait botté en touche, expliquant que «même si des informations ont pu être récoltées, rien ne prouve qu’elles n’auraient pu l’être autrement».