Un ancien captif accuse Florence Cassez de l'avoir menacé de mort

MEXIQUE Il jure que la Française était l'un de ses ravisseurs...

Avec agence

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Nicolas Sarkozy et Felipe Calderon ont décidé lundi de confier à un groupe de juristes de leurs deux pays le soin de trouver une issue à l'épineux dossier Florence Cassez, cette Française condamnée par la justice mexicaine pour des faits de complicité d'enlèvement qu'elle nie.
Nicolas Sarkozy et Felipe Calderon ont décidé lundi de confier à un groupe de juristes de leurs deux pays le soin de trouver une issue à l'épineux dossier Florence Cassez, cette Française condamnée par la justice mexicaine pour des faits de complicité d'enlèvement qu'elle nie. — Alfredo Estrella AFP/Archives

Le cas de Florence Cassez se complique un peu plus. Un jeune Mexicain, séquestré par la bande de ravisseurs dont la Française est accusée d'avoir été complice, affirme qu’elle l’a  menacé de mort. Des accusations qui interviennent deux jours après celles d'un membre présumé du gang de kidnappeurs, présenté à la presse par la police dans une vidéo où il désigne Florence Cassez comme co-dirigeante de la bande.

 

«Florence Cassez m'a dit: ‘Si tu essaies de jouer au héros, je te tuerai moi-même’», a déclaré jeudi en conférence de presse Ezequiel Elizalde, libéré en décembre 2005 dans l'opération de police au cours de laquelle la jeune femme a été arrêtée avec son ancien «fiancé». L'ex-captif a demandé au président français Nicolas Sarkozy de renoncer à demander le transfèrement de Florence Cassez en France.

 

Il reconnaît «sa voix, son accent, ses mains»

 

Le jeune homme, âgé d'une vingtaine d'années à l'époque, ne se souvient pas s'il a été libéré le 8 décembre, quand Florence Cassez a été arrêtée, ou le lendemain, lors du simulacre d'arrestation en direct organisé devant des caméras de télévision, a-t-il reconnu.

 

Il est en revanche «sûr» que Florence Cassez était la femme qu'il a vue à deux reprises, le visage couvert d'une cagoule et portant des lunettes noires, pendant ses 65 jours de séquestration. «Sa voix, son accent, ses mains, je n'ai aucun doute, c'était elle», a-t-il affirmé. «Elle m'a piqué à un doigt et m'a dit: ‘que veux-tu que nous envoyions à ton père, un doigt ou une oreille?’», a-t-il ajouté.

 
Menaces
 

Selon le dossier, le jeune homme avait montré aux enquêteurs une trace de piqûre à un doigt, qui s'est avérée être en fait une tache de naissance.

 

Ezequiel Elizalde, accompagné lors de cette conférence de presse par la présidente d'une association nationale de défense des victimes d'enlèvement, a affirmé être revenu spécialement à Mexico, plus de trois ans après sa libération, pour rendre ses accusations publiques.

 

Il avait quitté la capitale mexicaine après avoir reçu «des menaces» de complices présumés de ses ravisseurs, a-t-il précisé.

 

Florence Cassez, 34 ans, a été condamnée à 60 ans de prison au Mexique pour avoir participé à des enlèvements, ce qu'elle n'a cessé de nier. Une commission bilatérale franco-mexicaine est chargée d'examiner son éventuel transfèrement en France.