Guerre en Ukraine : La Russie accusée d’avoir provoqué une « crise alimentaire mondiale » devant le Conseil de sécurité de l’ONU

FAMINE Plusieurs diplomates ont mis en évidence l'impact de la guerre en Ukraine sur de possibles famines dans d’autres pays

X.R. avec AFP
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Le blé ukrainien est massivement envoyé par le PAM en Afrique.
Le blé ukrainien est massivement envoyé par le PAM en Afrique. — Ben Curtis/AP/SIPA

Le constat a déjà été fait plusieurs fois depuis le début de la guerre en Ukraine : avec l’invasion du grenier à blé de la Méditerranée et les sanctions d’un pays exportateur d’engrais, c’est la sécurité alimentaire d’une bonne partie du monde qui est ébranlée, y compris à moyen terme.

Le sujet est revenu sur la table à l’occasion d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la situation humanitaire en Ukraine. Et comme souvent, les pays occidentaux ont fait front commun.

Vladimir Poutine « a créé cette crise alimentaire mondiale »

Le président russe « Vladimir Poutine a commencé cette guerre. Il a créé cette crise alimentaire mondiale. Et il est celui qui peut l’arrêter », a martelé la numéro deux de la diplomatie américaine Wendy Sherman. Pour la secrétaire d’Etat adjointe, « la Russie et le président Poutine portent, seuls, la responsabilité d’avoir fait la guerre à l’Ukraine et des conséquences de cette guerre sur la sécurité alimentaire mondiale ».

L’ambassadeur de France à l’ONU Nicolas de Rivière a enfoncé le clou : « L’agression de la Russie contre l’Ukraine accroît le risque de famine à travers le monde. Les populations des pays en voie de développement sont les premières touchées ». Et, a affirmé le diplomate français, « la Russie essaiera certainement de nous faire croire que ce sont les sanctions adoptées à son encontre qui déséquilibrent la sécurité alimentaire mondiale ».

Egypte, Turquie, Bangladesh ou Nigeria particulièrement touchés

L’adjointe du secrétaire général de l’ONU pour les Affaires humanitaires Joyce Msuya, estime que le conflit en Ukraine « menace de faire encore empirer les choses pour les plus grandes crises humanitaires de la planète, comme en Afghanistan​, au Yémen et dans la Corne de l’Afrique ». Des pénuries de céréales susceptibles de provoquer des émeutes de la faim sont redoutées au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. L’Egypte, la Turquie, le Bangladesh ou le Nigeria, des pays très peuplés, sont les principaux importateurs de céréales de Russie et d’Ukraine.

Le directeur du Programme alimentaire mondial (PAM), David Beasley, et Wendy Sherman ont rappelé que l’Ukraine et la Russie étaient des « producteurs majeurs » de céréales, représentant « 30 % des exportations mondiales de blé, 20 % du maïs mondial et 75 % de l’huile de tournesol ». « 50 % des céréales que nous achetons viennent d’Ukraine et nous nourrissions 125 millions de personnes » avant la guerre, a souligné David Beasley en prévenant de l’impact « dévastateur » que la crise va avoir sur les opérations du PAM.