«Les ONG ne pourront répondre pas à tous les besoins de la population pakistanaise»

Maud Descamps (avec agence)

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Déplacés pakistanais fuyant les combats de la vallée du Swat attendent d'être ravitaillés dans le camps de Jalala tenu par HCR. L'armée pakistanaise a lancé une vaste offensive cotre les talibans dans la vallée du Swat.
Déplacés pakistanais fuyant les combats de la vallée du Swat attendent d'être ravitaillés dans le camps de Jalala tenu par HCR. L'armée pakistanaise a lancé une vaste offensive cotre les talibans dans la vallée du Swat. — MIAN KURSHEED / REUTERS

Ils seraient 670.000 à avoir tout quitté. C'est le chiffre avancé ce jeudi par le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU, alors que l'armée pakistanaise poursuit son offensive. 200.000 autres civils sont toujours pris au piège dans le chef-lieu Mingora. Le président pakistanais, Asif Ali Zardari, en visite aux Etats-Unis pour des discussions avec son homologue américain Barack Obama, a appelé mardi soir la communauté internationale à se mobiliser pour venir en aide aux civils et éviter une catastrophe humanitaire.

 Mais le travail des ONG est très risqué. «Le CICR est présent dans la région depuis des années, nous avons établi un dialogue confidentiel avec chaque partie, qui nous permet de nous rendre dans les régions les plus touchées. Mais l'insécurité est très grande», explique Frédéric Joli, porte-parole du Comité international de la croix rouge (CICR). «Et les ONG ne pourront pas répondre à tous les besoins de la population».

Une situation apocalyptique

Au dix-neuvième jour de son opération, l'armée pakistanaise a pilonné des repaires présumés de combattants islamistes dans la vallée de Swat. Les talibans ont pris le contrôle il y a près de deux ans de ce site jadis le plus touristique du pays. «Des caches d'insurgés ont été visées (…) et beaucoup de leurs repaires ont été détruits dans les zones montagneuses», a déclaré un responsable des services de sécurité.

L'intensification des combats, ces dernières semaines, a poussé de plus en plus de civils à quitter les zones de combats. Une véritable catastrophe humanitaire pour les ONG qui tentent d'agir sur place. «Les habitants fuient vers les zones les moins touchées par les combats, sans savoir où aller exactement», explique Frédéric Joli, «Nous tentons donc de mettre en place une aide d'urgence dans les zones auxquelles nous avons accès dans la province de Swat», ajoute-il.

Evaluation des besoins en médicaments et anesthésiants

Pour la première fois, le CICR a pu se rendre dans le district de Buner, un des plus touchés par les combats entre forces gouvernementales et talibans. «Nous sommes allés à Buner aussi vite que nous avons pu», a déclaré le coordinateur médical du CICR pour le Pakistan, Bart Janssens. «Comme nous n'avions encore jamais pu entrer dans cette province, nos équipes ont d'abord évalué les besoins les plus urgents pour l'hôpital, en médicaments, anesthésiants», a expliqué Frédéric Joli, à 20minutes.fr.
 
La vallée de Swat n'est qu'à une centaine de kilomètres d'Islamabad, la capitale de l'unique puissance atomique militaire du monde musulman, meurtrie depuis juillet 2007 par le terrorisme islamiste et menacée de déstabilisation.