Guerre en Ukraine : Les 3.000 journalistes sur place se livrent aussi « une guerre de l’information »

PRESSE L’ONG grecque iMedD, centrée sur la transparence et l’indépendance du journalisme a enquêté sur le traitement de l’information dans le pays en guerre

M.F avec AFP
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Des journalistes et des militaires sont vus lors d'un bombardement à Marioupol
Des journalistes et des militaires sont vus lors d'un bombardement à Marioupol — Mikhail Tereshchenko/TASS/Sipa U/SIPA

Plateformes, réseaux sociaux, propagande, provocation, fausses nouvelles, concurrence, interdictions de circulation et embargos, sont devenus de véritables « armes nucléaires d’une guerre de l’information » qui se joue actuellement en Ukraine, estime l’ONG grecque iMedD. Selon l’enquête de cette organisation centrée sur la transparence et l’indépendance du journalisme, la couverture du conflit est caractérisée par « une grande concentration de journalistes sur le terrain » dont le nombre est évalué « entre 3.000 et 3.500 ».

« L’invasion russe de l’Ukraine constitue le premier conflit militaire avec une telle concentration de journalistes sur le terrain » dont nombreux sont « inexpérimentés », indique l’iMedD, alors que de nombreux médias grecs ont envoyé des correspondants en Ukraine où vit une communauté de souche grecque de plus de 150.000 personnes, Athènes ayant des liens historiques avec Kiev.

Une « couverture déséquilibrée »

L’ONG évoque des problèmes liés à « l’enregistrement incomplet du nombre de journalistes » en Ukraine et « des retards pris dans les procédures d’accréditation des médias et les documents offrant des garanties de sécurité ». Pour l’ONG, cela constitue « la preuve que les journalistes exercent leurs fonctions dans des conditions précaires qui peuvent parfois avoir des conséquences fatales ».

Selon des organisations internationales, « quatre journalistes et un reporter d’images sont morts et plus de 30 ont été blessés depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine », rappelle l’iMedD. L’ONG rapporte que Reporters sans Frontières (RSF), qui enregistre les violations de la liberté des médias en Ukraine a jusqu’ici fait état « d’au moins 20 attentats contre des professionnels des médias depuis le début des hostilités ».

L’enquête souligne aussi « la couverture déséquilibrée des parties belligérantes » compte tenu des restrictions et des problèmes des médias en Russie. « Selon des sources sûres (…) les téléspectateurs russes sont informés par des équipes de télévision chinoises attachées à des unités militaires russes », relève l’enquête.

L'enquête est basée sur des entretiens de correspondants et groupes des médias majoritairement grecs en Ukraine.

Créée en 2018 et financée par la Fondation Stavros Niarchos (armateur grec défunt), iMedD a soutenu de nombreux projets de journalisme d'investigation et acquis une crédibilité dans le milieu médiatique grec, très fragmenté et polarisé.