Benjamin Netanyahu a «le sentiment d'avoir été entendu» par le pape

RELIGION Les deux hommes se sont entretenus à Nazareth...

Avec agence

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Le pape Benoît XVI célébre la messe à Béthléem, en Cisjordanie. Il est venu dans ce haut lieu saint en compagnie du président palestinien Mahmoud Abbas, mercredi 13 mai 2009
Le pape Benoît XVI célébre la messe à Béthléem, en Cisjordanie. Il est venu dans ce haut lieu saint en compagnie du président palestinien Mahmoud Abbas, mercredi 13 mai 2009 — AFP/MENAHEM KAHANA

Ils se sont rencontrés. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu a reçu Benoît XVI à Nazareth ce jeudi, à la veille du terme de sa tournée au Proche-Orient. Le Premier ministre israélien a appelé le pape à dénoncer fermement les appels du président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, contre Israël. «J'ai demandé au pape de faire entendre sa voix contre les déclarations de l'Iran visant à la destruction d'Israël», a déclaré le Premier ministre à la presse à la presse, à la suite d'un entretien avec le chef de l'Eglise catholique à Nazareth.

«Il est inconcevable au 21e siècle qu'il existe un pays qui puisse appeler à détruire l'Etat des juifs et qu'aucune voie ferme et décidée ne s'élève pour le dénoncer», a poursuivi le Premier ministre, soulignant que ces propos étaient la «partie la plus importante» de son entretien. «Le pape m'a répondu : "je dénonce toutes les formes d'antisémitisme et de haine". J'ai eu le sentiment d'avoir été entendu», a-t-il ajouté.

Pour sa part, le pape Benoît XVI, au cours du bref entretien, a évoqué le processus de paix au Proche-Orient. «La rencontre a duré une dizaine de minutes et a porté sur le processus de paix au Proche-Orient et les moyens de le faire progresser», a indiqué aux journalistes le porte-parole du Vatican Federico Lombardi.

«Viva il papa»

Un peu plus tôt dans la journée, le pape Benoît XVI a appelé au rejet de «la haine et des préjugés» et à une coexistence paisible entre musulmans et chrétiens à Nazareth, lors de la plus grande messe de son pèlerinage en Terre sainte, dans cette ville de Galilée.

La messe, en présence d'au moins 40.000 fidèles, a été célébrée au Mont du Précipice, où selon les Evangiles, une foule mécontente des prêches du Christ tenta de le jeter dans le vide. Nazareth, où Jésus a passé sa jeunesse selon les Evangiles, est la plus grande ville arabe d'Israël avec 60.000 habitants, dont 30% de chrétiens.

Arrivé en papamobile, le chef de l'Eglise catholique a été accueilli aux cris de «viva il papa». Les fidèles, notamment des Arabes israéliens mais aussi de nombreux pèlerins étrangers, agitaient des drapeaux de plusieurs pays et du Vatican. «Que chacun rejette le pouvoir destructeur de la haine et des préjugés, qui porte la mort dans l'âme des personnes avant de tuer les corps!», a lancé Benoît XVI. «Ces dernières années, Nazareth a malheureusement connu des tensions, dont le monde entier a eu l'écho, et qui ont nui aux relations entre les communautés chrétienne et musulmane», a-t-il ajouté. Des responsables religieux musulmans locaux attendent en outre du pape qu'il s'excuse pour ses propos de 2006 où il avait semblé assimiler islam et violence.

Protéger les enfants du fanatisme

Après la messe, le pape a visité la Basilique de l'Annonciation érigée sur le lieu où, selon la tradition chrétienne, l'archange Gabriel a annoncé à Marie alors enceinte la prochaine naissance de Jésus. Lors d'une rencontre avec des chefs religieux dans la Basilique, il a appelé toutes les religions à «protéger les enfants contre le fanatisme».

A la veille de sa rencontre avec le Premier ministre israélien, le pape avait plaidé à Bethléem, en Cisjordanie, pour la création d'un Etat palestinien souverain, auquel le gouvernement de droite de Benjamin Netanyahu est opposé. Israël, invoquant des considérations sécuritaires, a par ailleurs opposé une fin de non-recevoir à une demande du Vatican d'accorder des visas multi-entrées à quelque 500 prêtres de pays arabes désirant se rendre dans l'Etat hébreu. Cette libre circulation des chrétiens «est clairement un des points de la longue discussion que le Vatican et Israël mènent dans la commission bilatérale», a déclaré à Nazareth le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican.