Trois anciens employés de Tesla dénoncent le racisme décomplexé dans une usine de l'entreprise

PLAINTE D’après une ancienne employée, les salariés appellent l’usine de Tesla « la plantation » et « le navire négrier »

D.R.
Tesla est visé par une plainte du California Department of Fair Employment and Housing au nom de plus de 4.000 travailleurs noirs, actuels et anciens.
Tesla est visé par une plainte du California Department of Fair Employment and Housing au nom de plus de 4.000 travailleurs noirs, actuels et anciens. — Costfoto/Sipa USA/SIPA

Tesla est accusé de racisme. Vendredi dernier, le journal américain Los Angeles Times a donné la parole à trois anciens salariés noirs de l’entreprise. Monica Chatman, Kimberly Romby et Nigel Jones dénoncent un environnement de travail violent dont les personnes racisées sont les premières victimes.

D’après eux, le mot « nègre » était régulièrement employé et les travailleurs afro-américains se voyaient confier les tâches les plus difficiles. Monica Chatman affirme qu’un chef a lancé à un groupe de salariés : « Monica et les nègres là-haut, ils n’en foutent pas une. Tout ce qu’ils font, c’est rester assis toute la journée. »

« La plantation »

De son côté, Kimberley Romby rapporte aussi des faits de racisme et même d’homophobie. D’après elle, les salariés appellent l’usine de Tesla « la plantation » et « le navire négrier ».

Auprès du Los Angeles Times, la jeune femme évoque une ségrégation au sein de l’entreprise : « les travailleurs noirs sont régulièrement mis dans un coin de l’usine qui manque de climatisation et où les salariés sont les uns sur les autres. »

« Sur liste noire »

Nigel Jones relate des faits similaires. Le jeune homme entre chez Tesla en 2016, après trois ans dans l’armée. Lui aussi dénonce des remarques et insultes racistes. En décembre 2017, son patron s’éloigne en lâchant : « Oh, espèce de nègre paresseux ». Choqué, il avertit les ressources humaines.

Peu de temps après, il est licencié parce qu’il n’est « pas un bon salarié » pour Tesla. Le jeune homme affirme qu’un collègue, dans une autre usine, lui a déclaré qu’il avait été mis « sur liste noire » par l’entreprise. Les trois témoins attendent beaucoup de l’action en justic intentée par le California Department of Fair Employment and Housing qui représente 4.000 salariés noirs de l’entreprise.