Le pape en Cisjordanie, étape très politique

Clémence Leveau

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Benoît XVI et Mahmoud Abbas (cravate bleue) au camp de réfugiés d'Aïda, hier.
Benoît XVI et Mahmoud Abbas (cravate bleue) au camp de réfugiés d'Aïda, hier. — A. PIZZOLI / AFP

Le pape a poursuivi hier sa tournée au Moyen-Orient en se rendant

dans les Territoires palestiniens. A Bethléem, en Cisjordanie, Benoît XVI s'est prononcé en faveur de la création d'un Etat. « Monsieur le Président, le Saint-Siège soutient le droit de votre peuple à une patrie palestinienne souveraine, sûre et en paix avec ses voisins, à l'intérieur de frontières reconnues au niveau international », a-t-il déclaré en s'adressant au président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas. Mais il a exhorté les jeunes à ne pas se « livrer à la violence ou au terrorisme ». Benoît XVI a ensuite célébré une messe en plein air. Devant 5 000 fidèles, il a précisé qu'il priait pour que le blocus de Gaza soit « bientôt » levé. Il a aussi assuré les Gazaouis de sa « profonde compassion » après l'offensive israélienne de décembre-janvier, qui a fait plus de 1 400 morts palestiniens.

En fin de journée, le pape s'est rendu au camp de réfugiés d'Aïda avec Mahmoud Abbas. Celui-ci a lancé « un message de paix » aux Israéliens, leur demandant de « renoncer à l'occupation, à la colonisation, aux arrestations et aux humiliations » des Palestiniens. Il a condamné le mur de l'« apartheid » construit par Israël et qui s'étend sur plus de 650 km entre l'Etat hébreu et la Cisjordanie. « [Les murs] peuvent être abattus », a répondu Benoît XVI. Aujourd'hui, le pape doit s'entretenir avec le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou - dont le gouvernement refuse la création d'un Etat palestinien -, avant de repartir pour le Vatican demain soir. W