La colonisation israélienne, une épine dans le processus de paix

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C'est un sujet de préoccupation majeur tant pour les Palestiniens

que pour Bruxelles et Washington. Malgré les appels répétés de la communauté internationale, la colonisation israélienne se poursuit dans les Territoires palestiniens. En recevant le pape hier, le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, l'a de nouveau dénoncée et a répété que « la voie de la paix » était « on ne peut plus claire, c'est le règlement basé sur deux Etats » côte à côte. La colonisation constitue en effet l'« obstacle principal » au processus de paix, a réaffirmé lundi à l'ONU le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Le secrétaire général des Nations unies a lui aussi haussé le ton : « Le moment est venu pour Israël de changer fondamentalement sa politique dans ce domaine, comme il l'a souvent promis mais pas encore fait », a-t-il affirmé, évoquant « une crise de confiance ».

Au Quai d'Orsay, on souligne que « c'est un moment clé, puisque le nouveau gouvernement israélien est en train de définir sa politique. On s'efforce donc de passer des messages pour convaincre Israël de geler la colonisation. » Des messages que l'Etat hébreu ne semble pas décidé à entendre. Selon un conseiller du Premier ministre, Benyamin Netanyahou compte insister, lors de sa rencontre avec Barack Obama lundi prochain, sur le droit d'Israël à poursuivre la construction dans les colonies existantes, contrairement au voeu des Etats-Unis. « Il s'engagera également fermement à ne pas construire de nouvelles colonies », a toutefois assuré ce conseiller.

Environ 280 000 colons israéliens se sont installés en Cisjordanie depuis son annexion en 1967, plus 190 000 autres à Jérusalem-Est, où « la construction de colonies continue à un rythme rapide », selon un rapport confidentiel de l'UE daté du 15 décembre 2008. W

F. Vincent