Guerre en Ukraine : Leroy Merlin s’explique sur le maintien de son activité en Russie

ECONOMIE Dans un communiqué envoyé à la presse, la direction de Leroy Merlin a réaffirmé sa volonté de ne pas fermer ses magasins en Russie. Une décision soutenue par le président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand

Mikaël Libert
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Un magasin Leroy Merlin à Moscou (illustration).
Un magasin Leroy Merlin à Moscou (illustration). — ANovoderezhkin/TASS/Sipa
  • Le président ukrainien a dénoncé les entreprises françaises qui maintiennent leur activité en Russie.
  • Plusieurs enseignes de la galaxie Mulliez, parmi de nombreuses autres françaises, sont toujours présentes sur le territoire russe.
  • C’est notamment le cas de Leroy Merlin, dont la direction s’est expliquée.

Il persiste et signe. Plusieurs enseignes de la galaxie Mulliez sont montrées du doigt depuis plusieurs jours après leur décision de maintenir leurs activités en Russie malgré la guerre en Ukraine. Une politique dénoncée, mercredi, par le président ukrainien lui-même, qui a appelé les entreprises françaises toujours actives en Russie à « cesser d’être le sponsor de la machine de guerre de la Russie ». Si certaines l’ont fait depuis, comme Renault, d’autres n’ont toujours pas baissé le rideau à l’instar d’Auchan, Décathlon et Leroy Merlin. Mercredi, dans un communiqué, la direction de Leroy Merlin explique sa décision.

La destruction d’un magasin Leroy Merlin à Kiev par un bombardement russe, dans la nuit de dimanche à lundi, n’a pas changé la position d’Adeo, la maison mère de Leroy Merlin. Le « maintien de notre activité en Russie est une décision qui n’est pas facile », peut-on lire dans le communiqué. « Nous n’avons pas de raison de condamner nos équipes russes pour une guerre qu’elles n’ont pas choisie », poursuit la direction de l’enseigne, avançant sa « responsabilité d’employeur ».

Partir de Russie serait « un abandon considéré comme une faillite préméditée »

Pour Leroy Merlin, fermer boutique serait pire : « Fermer l’entreprise du jour au lendemain, fermer nos magasins serait tout simplement un abandon considéré comme une faillite préméditée, donc illégale, ouvrant la voie à une expropriation, qui renforcerait les moyens financiers de la Russie ».

Sollicitées par 20 Minutes il y a quelques jours, les directions de Leroy Merlin, de Décathlon et d’Auchan n’avaient pas donné suite. Néanmoins, pour cette dernière enseigne, une communication interne avait expliqué la volonté de rester présent en Russie pour ne pas pénaliser les salariés et les clients d’Auchan.

Dans leur démarche, les entreprises de la galaxie Mulliez ont trouvé un soutien en la personne du président des Hauts-de-France, Xavier Bertrand. « Si demain ces groupes de la région et tous les groupes français qui sont là-bas cessent leurs activités, qu’est-ce qui se passe ? Ils vont être expropriés et c’est des groupes soit russes, soit internationaux qui vont prendre leur place », a-t-il déclaré, jeudi, sur France bleu Nord.

Pour le président des Hauts-de-France, si ces entreprises doivent fermer en Russie, cela ne doit être que suite à des mesures du gouvernement. Et rien n’a été entrepris dans ce sens. Xavier Bertrand estime que c’est à « Monsieur Macron de se faire entendre sur ce dossier pour dire clairement ce qu’ils veulent ». Pour sa part, le patron d’Adeo a déclaré que « nous respectons toutes les directives de l’État français ».