Corée du Nord : Pyongyang tire un missile balistique intercontinental, colère de la Corée du Sud et du Japon

MENACE C’est le premier lancement d’une arme aussi puissante depuis 2017

20 Minutes avec AFP
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Un lancement de missile nord-coréen en 2017.
Un lancement de missile nord-coréen en 2017. — /AP/SIPA

Il s’agissait au départ d’un « projectile non identifié », selon l’armée sud-coréenne. Le président sud-coréen, Moon Jae-in, a finalement annoncé ce jeudi que la Corée du Nord a tiré un missile balistique intercontinental (ICBM), soit le premier lancement d’une arme aussi puissante depuis 2017. L’information a été confirmée par le ministère de la Défense nippon. « Nos analyses indiquent qu’un missile balistique a volé pendant 71 minutes et est tombé vers 15h44 (06h44 GMT) à environ 150 km de la péninsule d’Oshima, (île septentrionale d’Hokkaido) », a déclaré le secrétaire d’Etat à la Défense, Makoto Oniki. Le projectile est donc tombé dans la zone économique exclusive maritime du Japon. Tokyo évoquait aussi un missile balistique intercontinental.

Le ministère de la Défense japonais n’a reçu aucune information faisant état de dégâts causés à des navires ou des avions, qualifiant cependant ce tir de « menace sérieuse » pour la sécurité du Japon. « Au moment où le monde fait face à l’invasion de l’Ukraine par la Russie, la Corée du Nord poursuit ses tirs qui aggravent unilatéralement les provocations contre la communauté internationale, ce qui est absolument impardonnable », a déclaré Makoto Oniki. Le premier ministre de l’Archipel, Fumio Kishida, a lui dénoncé « un acte scandaleux et impardonnable ».

La riposte de Séoul

Pour la Corée du sud, il s’agit d’une « violation de la suspension des tirs de missiles balistiques intercontinentaux promise par le président Kim Jong Un à la communauté internationale », a déclaré Moon Jae-in dans un communiqué, ajoutant que cela constituait également une violation du régime de sanctions de l’ONU.

En réponse à ce tir nord-coréen, l’armée sud-coréenne a annoncé dans la matinée avoir tiré plusieurs missiles « depuis le sol, la mer et les airs » en mer du Japon

Un nombre record de tests d’armes au premier trimestre

Ce tir intervient alors que Pyongyang respecte un moratoire auto-imposé sur les essais de missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) et d’armes nucléaires depuis que le dirigeant, Kim Jong-un, s’est lancé dans une série de rencontres diplomatiques très médiatisées avec le président américain de l’époque, Donald Trump, en 2018. Les pourparlers ont échoué et les efforts de l’actuel président américain Joe Biden pour ouvrir de nouvelles négociations n’ont pas permis de sortir la diplomatie de l’impasse.

Pyongyang a commencé à laisser entendre en janvier qu’il pourrait briser le moratoire et a conduit un nombre record de tests d’armes au premier trimestre, tirant des missiles hypersoniques et des missiles balistiques à moyenne portée, tous deux interdits. Selon l’armée sud-coréenne, la Corée du Nord a tiré la semaine dernière un missile balistique, mais l’essai s’est soldé par un échec total. Les analystes ont avancé que ce tir raté serait un Hwasong-17, surnommé le « missile monstre », un ICBM qui n’a encore jamais été lancé. Le Nord semble avoir effectué dimanche des tirs au lance-roquettes multiple.