Guerre en Ukraine : A Nice, des cours de français pour aider les réfugiés ukrainiens à « s’intégrer plus facilement »

SOLIDARITE Depuis le début de la semaine, des classes d’une vingtaine d’élèves, enfants, adolescents et adultes, suivent des cours de français gratuitement sur trois créneaux de deux heures par jour pour « faciliter leur intégration », assure la mairie de Nice

Elise Martin
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Des adolescents ukrainiens pendant leur cours de français à l'ancien hôpital Saint-Roch de Nice
Des adolescents ukrainiens pendant leur cours de français à l'ancien hôpital Saint-Roch de Nice — E. Martin / ANP / 20 Minutes
  • Depuis lundi, trois pièces de l’ancien hôpital Saint-Roch, dans le centre de Nice, ont été aménagées pour devenir des salles de classe.
  • Chaque jour, de 9 h à 11 h, de 11 h à 13 h et de 14 h à 15 h, une vingtaine d’élèves, répartis entre enfants, adolescents et adultes, assistent à des cours de français gratuitement, du lundi au vendredi en partenariat avec l’association Francophonia.
  • Le but est de leur apprendre les bases de la langue pour qu’ils puissent « s’intégrer plus facilement » et « se sentir comme chez eux », affirme la ville.

En quelques jours, l’ancien hôpital Saint-Roch, en plein centre de Nice, est devenu un vrai « lieu de vie » pour les réfugiés ukrainiens. D’un côté, une allée avec des dons de vêtements et de jouets. De l’autre, « le magasin » avec des conserves et des produits d’hygiène. Dans la cour centrale, la possibilité de prendre un café, des croissants ou un encas. Et depuis lundi, l’ancien hôpital est aussi une école de français avec trois salles de classe, pour les enfants, les adolescents et les adultes.

Ce mercredi, une vingtaine d’adolescents, de 11 à 18 ans, assistent gratuitement au cours de Nataliia, arrivée à Nice il y a quelques jours. Avant le début de la guerre, en Ukraine, elle était professeure de français à l’université. C’est l’association Francophonia, qui l’avait formée, qui l’a invitée à venir sur la Côte d’Azur pour fuir le conflit. Le directeur, Yann Librati, développe : « On a appelé nos 120 professeurs de français en Ukraine pour leur dire qu’on pouvait trouver des solutions pour eux en termes d’hébergement, de restauration, en échange de donner un peu de leur temps. Mais certains ont trop peur de traverser le pays, ils sont avec des enfants et ont peur des risques. »

Un « sas » avant d’être scolarisé

« Aujourd’hui, on apprend les goûts, les préférences », indique l’institutrice à sa classe avant de demander à une élève « ce qu’elle aime beaucoup et ce qu’elle adore ». « J’aime lire et j’adore dessiner », répond la jeune fille, presque sans accent. « Ils sont très motivés à apprendre la langue et ils font rapidement des progrès, affirme l’enseignante. L’ambiance est chaleureuse. Les enfants s’ouvrent de plus en plus, ça les aide d’être ensemble ». Elle précise que durant ses cours, « on ne parle pas de ce qu’il se passe en Ukraine ».

Ce dispositif, mis en place par la ville et en partenariat avec l’association Francophonia, sert de « sas », notamment pour les enfants avant d’être scolarisés. « L’adolescent va se sentir plus à l’aise et son intégration sera moins stressante », ajoute Nataliia. Selon le directeur de l’association, il leur faudra « à peu près trois semaines pour avoir les bases élémentaires du français ».

Un cours de français pour les réfugiés ukrainiens adultes à l'ancien hôpital Saint-Roch de Nice
Un cours de français pour les réfugiés ukrainiens adultes à l'ancien hôpital Saint-Roch de Nice - E. Martin / ANP / 20 Minutes

Pour les adultes aussi, ces moments sont importants. Valentina, une des professeurs, détaille : « Il y a un vrai intérêt d’apprendre le français pour se sentir chez eux, communiquer et comprendre. Ce n’est même plus une envie, c’est un vrai besoin et c’est aussi la base de leur motivation pour progresser. En plus, ils créent du lien, partagent leurs sentiments et s’entraident. »

Ce jour-là, le maire de Nice, Christian Estrosi, se présente devant la classe en indiquant qu’il « ferait tout son possible pour que tout le monde se sente chez soi à Nice, en ne manquant de rien ». « Merci beaucoup », lance en chœur les réfugiés ukrainiens présents. Emue, une femme au premier rang avec une veste où il est inscrit « Ukraine », fait traduire à la professeure qu’elle était une athlète de haut niveau dans son pays et qu’elle aimerait pouvoir organiser ici des activités sportives sur la Prom'. Elle glisse un « j’adore Nice » timidement. C’était aussi la leçon du jour pour ces adultes.

Un « hub » régional d’accueil pour les réfugiés ukrainiens d’ici vendredi ?

En tout, ce sont 780 personnes qui se sont inscrites pour avoir deux heures de cours par jour, du lundi au vendredi. « Et ça augmente de jour en jour », indique Yann Librati. « Pour l’instant, on a trois salles mais, d’ici la semaine prochaine, six nouveaux espaces répartis dans la ville vont ouvrir », assure la métropole, qui a accueilli 1.600 Ukrainiens jusqu’à présent.

D’ici vendredi, un « hub » régional devrait ouvrir au boulodrome Gallaratto, à l’ouest de la ville, pour orienter les nouveaux arrivants et servir de centre d’hébergement temporaire. Le Premier ministre Jean Castex doit d’ailleurs visiter le site de 1.500 m² ce jeudi, a indiqué la mairie à 20 Minutes confirmant une information de Nice-Matin.