Guerre en Ukraine : 83 % des jeunes de 18 à 30 ans craignent une crise économique mondiale

MOIJEUNE Selon notre étude #MoiJeune « 20 Minutes » – OpinionWay, les jeunes sont très inquiets de la guerre en Ukraine, notamment sur les questions de pouvoir d’achat

Charlotte Murat
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Le secours cherchent des victimes dans les décombres d'un centre commercial bombardé à Kiev
Le secours cherchent des victimes dans les décombres d'un centre commercial bombardé à Kiev — Felipe Dana/AP/SIPA
  • Les jeunes s’informent beaucoup sur la guerre en Ukraine et par différents canaux.
  • Il faut dire que ce conflit les inquiète beaucoup, en particulier pour leur pouvoir d’achat. Mais une part importante d’entre eux craint également l’extension du conflit à d’autres pays européens, voire une troisième guerre mondiale, et l’utilisation d’armes nucléaires.
  • Ils sont beaucoup plus favorables à l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne qu'à son intégration dans l’OTAN.

La guerre s’est installée en Ukraine et à la sidération causée par l’invasion soudaine du pays par l’armée russe ont succédé des images quotidiennes de ruines, de blessés, de réfugiés. Ce conflit fait désormais partie de nos vies et 88 % des jeunes de 18 à 30 ans indiquent s’informer sur cette guerre, dont 66 % au moins une fois par jour, d’après notre étude  #MoiJeune 20 Minutes – OpinionWay*. « C’est un chiffre très important, quand on sait que cette classe d’âge est celle qui s’informe le moins d’une manière générale », indique Guillaume Inigo, directeur d’études chez OpinionWay.

Oubliez l’image des jeunes qui ne sortent jamais des réseaux sociaux, puisque ces derniers ne sont un canal d’information que pour 46 % d’entre eux, derrière les sites d’information consultés par 59 % des 18-30 ans. « Les jeunes multiplient les sources d’information sur ce confit, avec en moyenne entre deux et trois canaux différents cités », souligne Guillaume Inigo. Les autres canaux étant les JT (38 % des 18-30 ans), les chaînes d’info en continu (31 %) ou encore la presse écrite, citée par 21 % des jeunes, à égalité avec les discussions avec leur entourage.

Le pouvoir d’achat au cœur des préoccupations

Il faut dire que cette guerre aux portes de l’Union européenne fait peur. « Comme l’ensemble des Français », précise le directeur d’études, les jeunes sont anxieux. 76 % des 18-30 ans* sont inquiets des conséquences du conflit sur la France, 84 % des conséquences sur l’Europe et 77 % des conséquences sur leur pouvoir d’achat. Parmi ces derniers, 35 % se disent « très inquiets » pour leur pouvoir d’achat. « C’est un chiffre très fort, analyse Guillaume Inigo. Nos études montrent d’ailleurs que c’est en ce moment le sujet qui compte le plus pour les jeunes, comme pour l’ensemble des Français, en vue de leur vote à la présidentielle, loin devant la gestion du conflit. » 83 % des jeunes redoutent même une crise économique mondiale. Les femmes sont encore plus pessimistes, puisque chez elles le chiffre monte à 90 %.

Et s’ils sont inquiets pour leur vie quotidienne, ils le sont également pour l’Europe et pour le monde. 67 % des 18-30 ans pensent ainsi que le conflit pourrait s’étendre à d’autres pays européens, 40 % qu’il pourrait mener à une troisième guerre mondiale, 37 % redoutent une catastrophe liée à un accident dans une centrale nucléaire et 30 % l’utilisation d’armes nucléaires par la Russie. « Tout cela démontre un état d’esprit très anxiogène, note Guillaume Inigo. On peut en partie l’expliquer par le changement de paradigme par rapport aux précédents conflits en Europe dans les années 1990 [la guerre de Bosnie en 1992-1995 et la guerre du Kosovo en 1998-1999]. L’Occident était alors intervenu pour protéger les populations et imposer nos valeurs de démocratie face à l’ex-URSS. Cette fois, c’est un pays qui est attaqué parce qu’il veut se rapprocher des Occidentaux. Ce sont nos valeurs qui sont attaquées, on est donc sur la défensive. » 63 % des jeunes affirment ainsi que leur sentiment d’appartenance à l’Europe a été renforcé. C’est nettement plus que les 52 % qui ont vu leur sentiment patriote français être renforcé.

Favorables à l’entrée de l’Ukraine dans l’UE

Face à ces menaces, 49 % des jeunes estiment que la France devrait augmenter son budget de Défense et 30 % qu’il faudrait rendre le service militaire à nouveau obligatoire. En revanche, ils sont hostiles à 64 % à ce que la France sorte du commandement intégré de l’OTAN et à 57 % à ce que la France envoie des troupes en Ukraine. Notons tout de même que sur ces questions, les 18-30 ans sont nombreux à ne pas avoir d’avis tranché et à avoir répondu « Je ne sais pas » (16 % pour le service militaire, 21 % pour le budget de la Défense et pour l’OTAN, 23 % pour l’envoi de troupes en Ukraine). Ils sont également très partagés sur l’idée d’intégrer l’Ukraine à l’OTAN, puisque 47 % sont pour et 51 % sont contre.

En revanche 56 % des 18-30 ans sont favorables à l’entrée de l’Ukraine dans l’Union européenne. « Cela dénote une certaine solidarité avec les Ukrainiens, mais la réponse aurait sans doute été différente si on leur avait rappelé que les statuts de l’UE comportent également une "clause de défense commune". » Quant à savoir si l’Europe sortira grandie de ce conflit, 49 % des jeunes pensent que oui et 49 % pensent que non. « Les jeunes sont traditionnellement plus europhiles que leurs aînés, mais ils ont tout de même une défiance envers les institutions européennes. Et il faut rappeler que tout cela est très conjoncturel, insiste Guillaume Inigo. Le sentiment des jeunes, comme de l’ensemble des Français, vis-à-vis de cette guerre va évidemment évoluer en fonction de l’actualité. »

*Etude #MoiJeune « 20 Minutes »​ – OpinionWay, réalisée en ligne du 17 et 18 mars auprès d’un échantillon représentatif de 498 jeunes âgés de 18 à 30 ans (méthode des quotas).

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