Guerre en Ukraine : Pour réduire sa dépendance au gaz russe, Berlin conclut un accord avec le Qatar

DIVERSIFICATION L’Allemagne va accélérer la construction de deux terminaux de gaz naturel liquéfié dans le cadre d’un accord énergétique de long terme avec le Qatar

20 Minutes avec AFP
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Le ministre allemand de l’Économie et du Climat, Robert Habeck, et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, à Doha le 20 mars 2022.
Le ministre allemand de l’Économie et du Climat, Robert Habeck, et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, à Doha le 20 mars 2022. — /AP/SIPA

Avec la guerre en Ukraine, l’Allemagne cherche à réduire au plus vite sa dépendance au gaz russe. Berlin s’est pour cela engagé à « accélérer » la construction de deux terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL) dans le cadre d’un accord énergétique de long terme avec le Qatar, a annoncé dimanche le ministère qatari de l’Energie.

Cet accord a été conclu lors d’une visite à Doha du ministre allemand de l’Économie et du Climat, Robert Habeck. « Le gouvernement allemand a pris des mesures rapides et concrètes pour accélérer le développement de deux terminaux de GNL en Allemagne », une priorité devant « permettre l’importation à long terme de GNL » dans ce pays, a indiqué le ministère qatari. Les deux parties « se sont mises d’accord pour que leurs entités commerciales respectives se réengagent et fassent avancer les discussions sur la fourniture de long terme de LNG du Qatar à l’Allemagne », a-t-il ajouté.

Le Qatar veut des contrats de longue durée

Plusieurs années de discussions avec Berlin n’avaient, auparavant, pas abouti « à des accords définitifs en raison du manque de clarté sur la place du gaz à long terme dans le bouquet énergétique de l’Allemagne et sur les infrastructures d’importation de GNL requises ». Doha a invoqué le coût énorme des investissements dans la production de gaz pour justifier la nécessité de contrats de longue durée. Le Qatar, qui compte parmi les trois premiers exportateurs mondiaux de GNL, prévoit d’augmenter sa production de 50 % d’ici 2027.

A Berlin, une porte-parole du ministère allemand de l’Économie avait confirmé plus tôt dans la journée de dimanche la conclusion d’un accord de long terme, précisant que l’étape suivante sera pour les entreprises concernées « l’entrée dans les négociations contractuelles concrètes ».

Robert Habeck s’est entretenu à Doha avec l’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani. Les pays européens comptent de plus en plus sur le GNL comme alternative au gaz russe. La question est particulièrement délicate pour l’Allemagne, dont la moitié des importations de gaz viennent de Russie.

Berlin s’inquiète d’un embargo sur le gaz russe

Avant son voyage au Moyen-Orient, qui comprend également une visite aux Émirats arabes unis, Robert Habeck a déclaré samedi à la radio Deutschlandfunk que le gouvernement s’inquiétait de la sécurité des approvisionnements en gaz de l’Allemagne pour l’hiver prochain « si les livraisons en provenance de Russie venaient à être coupées ».

L’Allemagne est critiquée pour son opposition à un embargo immédiat sur les hydrocarbures russes dans le but d’assécher les flux financiers vers Moscou. Mais pour Berlin, un tel boycott déstabiliserait l’économie et la société allemandes car il provoquerait une flambée du coût de l’énergie ainsi que des risques de pénuries.