Brésil : La cour suprême laisse 24h à la messagerie Telegram pour éviter d’être bloquée

COMPTE A REBOURS La Cour suprême du Brésil avait décidé vendredi de bloquer Telegram, l’accusant de ne pas avoir suffisamment combattu la désinformation circulant sur la messagerie

20 Minutes avec AFP
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Le compte Telegram du président du Brésil Jair Bolsonaro, le 9 décembre 2021.
Le compte Telegram du président du Brésil Jair Bolsonaro, le 9 décembre 2021. — SOPA Images

L’épée de Damoclès va-t-elle tomber sur la tête de Telegram ? Un juge de la Cour suprême du Brésil, qui avait décidé vendredi de bloquer cette messagerie dans le pays, a donné samedi 24 heures pour se conformer à la loi et éviter ainsi d’être bloquée.

« Jusqu’à présent, Telegram s’est partiellement conformé aux ordres judiciaires, mais il lui faut s’y conformer totalement pour inverser la décision », a indiqué le juge Alexandre de Moraes, dans une nouvelle résolution. La veille, il avait décidé ce blocage de la messagerie, l’accusant de ne pas avoir suffisamment combattu la désinformation y circulant.

Bolsonaro critique la décision de vendredi

Cette décision « est irrecevable », avait alors réagi le président Bolsonaro, particulièrement friand comme de nombreux Brésiliens de cette application. Le juge « n’a pas agi contre les deux ou trois personnes qui selon lui devraient être bloquées, alors il décide d’affecter 70 millions de personnes (…). Ce qui est en jeu, c’est notre liberté », avait déclaré le président. Telegram est téléchargée sur environ 53 % des mobiles au Brésil.

Cette messagerie en ligne cryptée est une clef de voûte de la stratégie de campagne de Jair Bolsonaro, qui vise la réélection à la présidentielle d’octobre et défend la liberté d’expression sans limite. Mais, contrairement à d’autres plateformes, sur Telegram il n’y a pratiquement pas de modération de contenu des messages et les groupes peuvent rassembler jusqu’à 200.000 membres, ce qui augmente considérablement le potentiel viral des fausses informations.

Le recours du gouvernement

Le délai de 24 heures a été donné après que Pavel Durov – le patron fondateur russe de Telegram dont le siège social est à Dubaï – a présenté ses excuses à la Cour suprême, invoquant un « problème de communication » tout en réclamant un nouveau délai pour se répondre aux exigences de la justice brésilienne. En parallèle, le gouvernement brésilien a déposé samedi un recours devant un autre juge de la Cour suprême, estimant que le blocage de la messagerie était « disproportionné ».