Guerre en Ukraine : La journaliste russe Marina Ovsiannikova refuse l’asile proposé par Macron

OPPOSANTE En direct lundi pendant le journal télévisé, elle avait brandi une pancarte critiquant la guerre en Ukraine et dénonçant la « propagande » des médias contrôlés par le Kremlin

20 Minutes avec AFP
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Marina Ovsiannikova à sa sortie du tribunal de Moscou, le 15 mars 2022.
Marina Ovsiannikova à sa sortie du tribunal de Moscou, le 15 mars 2022. — Mikhail Japaridze/TASS/Sipa USA/

Marina Ovsiannikova « ne veut pas quitter » la Russie. La journaliste russe, devenue une égérie contre la guerre après son irruption pendant un journal télévisé pro Kremlin pour dénoncer l’offensive en Ukraine, a refusé l’offre d’asile d’ Emmanuel Macron.

« Je suis patriote, mon fils l’est encore plus. Nous ne voulons en aucun cas partir, nous ne voulons aller nulle part », déclare-t-elle dans une interview au magazine allemand Der Spiegel diffusée mercredi soir. Le président français s’était dit prêt mardi à lui offrir « une protection consulaire », soit à l’ambassade, soit en lui accordant l' asile.

Cette femme de 43 ans s’est illustrée en faisant irruption en direct lundi soir pendant le journal télévisé le plus regardé de Russie, sur la chaîne Pervy Kanal, où elle est productrice, avec une pancarte critiquant l’opération militaire en Ukraine​ et dénonçant la « propagande » des médias contrôlés par le pouvoir.

Le risque d’une lourde peine de prison

Après avoir été arrêtée, elle a été condamnée dans la foulée à une simple amende et laissée libre. Elle risque cependant toujours des poursuites pénales passibles de lourdes peines de prison, aux termes d’une récente loi réprimant toute « fausse information » sur l’armée russe.

« C’est une guerre contre un peuple frère ! Aucune personne saine d’esprit ne peut l’accepter », explique la jeune femme née à Odessa, en Ukraine, d’un père ukrainien et d’une mère russe. Elle estime que son coup d’éclat « était avant tout une action pacifiste : il est dans l’intérêt de la Russie et du monde de mettre fin le plus rapidement possible à cette guerre ». « Je voulais aussi montrer que les Russes aussi sont contre cette guerre, ce que beaucoup de gens en Occident ne comprennent pas. La majorité des gens intelligents et éduqués ici s’opposent à cette guerre », estime-t-elle. Elle indique enfin avoir préparé son action seule, sans en avoir préalablement parlé à sa famille ou ses amis.