Guerre en Ukraine : Le théâtre de Marioupol, bombardé par la Russie avait signalé la présence d’enfants en lettres géantes

CONFLIT Aucun bilan n’était disponible, mercredi soir, mais le théâtre de Marioupol abritait « plus d'un millier de personnes », selon la mairie

20 Minutes avec AFP
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Le théâtre de Marioupol (ici vu le 14 mars) a été en partie détruit par une frappe russe le 16 mars 2022.
Le théâtre de Marioupol (ici vu le 14 mars) a été en partie détruit par une frappe russe le 16 mars 2022. — Maxar Technologies

La campagne de terreur de Moscou continue. Un théâtre abritant des civils a été gravement endommagé par une frappe aérienne russe à Marioupol, a annoncé mercredi la mairie de cette ville portuaire assiégée dans le sud-est de l’Ukraine. « Les envahisseurs ont détruit le Théâtre dramatique. Un endroit où plus d'un millier de personnes avaient trouvé refuge. Nous ne pardonnerons jamais cela », a écrit la municipalité sur la messagerie Telegram.

La société américaine de technologies spatiales Maxar Technologies, spécialisée notamment dans l’imagerie satellite, a publié mercredi une photo du Théâtre dramatique de Marioupol prise lundi, selon elle. D’après la photo le mot « enfants » était écrit sur le sol, en immenses lettres blanches et en russe, devant et derrière le bâtiment (entouré en rouge sur la photo de cet article).


La mairie de Marioupol a publié de son côté sur Telegram une photo du théâtre montrant sa partie centrale complètement détruite, avec une épaisse fumée blanche qui s’en échappe. Selon les autorités, c’est un avion qui a lancé une bombe sur l’édifice. « L’avion a largué une bombe sur le bâtiment où s’abritaient des centaines de civils. Il est impossible d’établir le bilan dans l’immédiat car les bombardements des quartiers d’habitation se poursuivent », selon la mairie. « L’entrée de l’abri est bloquée par les débris. Les informations sur les victimes sont en cours de vérification », selon la même source.

Propagande russe

Le ministère russe de la Défense a pour sa part démenti avoir bombardé le théâtre, mettant l’explosion sur le compte du bataillon nationaliste ukrainien Azov. Moscou avait déjà mis en cause cette unité militaire lors du bombardement de la maternité de Marioupol la semaine dernière, qui avait suscité un tollé international.

« Il est impossible de trouver les mots pour décrire le niveau de cynisme et de cruauté avec lequel les envahisseurs russes anéantissent les habitants pacifiques » de Marioupol, s’est indignée la mairie dans son communiqué.

Plus tôt dans la journée, l’armée ukrainienne avait déjà annoncé que l’armée russe avait bombardé mercredi des civils fuyant Marioupol dans un couloir humanitaire, faisant « des morts » et des blessés, dont un enfant grièvement atteint.

Un convoi de civils qui était en route de Marioupol vers Zaporojie a été visé par des tirs au lance-roquettes multiple Grad vers 15H30, avait indiqué l’armée ukrainienne sur Telegram, publiant la photo d’un enfant blessé et ensanglanté. Après une série d’échecs, faute de cessez-le-feu russo-ukrainien, les évacuations se sont accélérées à Marioupol, alors que dans ce port stratégique, les habitants manquent d’eau et de nourriture. Plus de 2.000 civils ont péri à Marioupol assiégée et pilonnée depuis des jours, selon les autorités locales.