Guerre en Ukraine : Qui sont les journalistes tués alors qu'ils couvraient l'invasion russe ?

TRAGEDIE Depuis le début du conflit, cinq journalistes ont perdu la vie en Ukraine

Diane Regny
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Les journalistes de Fox News Pierre Zakrzewski (g) et Oleksandra Kuvshynova (milieu) ont été tués en Ukraine alors qu'ils couvraient le conflit.
Les journalistes de Fox News Pierre Zakrzewski (g) et Oleksandra Kuvshynova (milieu) ont été tués en Ukraine alors qu'ils couvraient le conflit. — FOX NEWS / AFP
  • Ce lundi, Pierre Zakrzewski et Oleksandra Kuvshynova, journalistes pour la chaîne américaine Fox News, sont morts au nord-ouest de la capitale ukrainienne.
  • Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, au moins cinq journalistes sont morts et plusieurs dizaines ont été blessés.
  • Moscou a visé plusieurs antennes de télévision en Ukraine afin de faire taire les journalistes, tuant de nombreuses personnes.

Depuis le début de l’invasion russe en Ukraine, le 24 février dans la nuit, au moins cinq journalistes ont perdu la vie sur le terrain de la guerre. 20 Minutes fait le point sur ces civils qui ont perdu la vie en tentant d’informer.

Evgueni Sakoun et Viktor Doudar

Le 1er mars, l’armée russe bombarde la tour de télévision de Kiev. Le journaliste ukrainien Evgueni Sakoun et quatre autres personnes au moins sont tués dans l’attaque. Il travaillait pour une chaîne de télévision ukrainienne et était correspondant d’EFE, une agence de presse espagnole. Reporters sans frontières a décrit le bombardement comme une « attaque de précision » sur l’installation.

L’agence de presse française AFP a précisé que le journaliste ukrainien Viktor Doudar était aussi mort pendant des combats près de Mykolaïv (sud) mais très peu d’informations circulent sur les circonstances de sa disparition ou la teneur de son travail.

Brent Renaud

Dimanche 13 mars, à Irpin près de Kiev, une voiture est visée par des tirs. A l’intérieur, circulent les journalistes Brent Renaud et Juan Arredondo avec un civil ukrainien. Touché en pleine nuque, le documentariste américain Brent Renaud, âgé de 50 ans, meurt sur le coup.


Il s’agit du premier journaliste étranger tué depuis le début de l’invasion russe en Ukraine. Brent Renaud travaillait à un projet vidéo pour le magazine Time , axé sur la crise mondiale des réfugiés. Le journaliste et réalisateur avait reçu Peabody Award pour son documentaire, Last Chance High. Son confrère Juan Arredondo, photographe et enseignant à l’école de journalisme de l’université de Columbia (New York) et le civil ukrainien qui les accompagnait, ont été blessés dans l’attaque.

Pierre Zakrzewski et Oleksandra Kuvshynova

Lundi à Horenka près de Kiev, la voiture du caméraman Pierre Zakrzewski, de la journaliste ukrainienne Oleksandra Kuvshynova et du reporter Benjamin Hall est prise pour cible. Fox News, le média pour qui ils travaillaient, a annoncé la mort de Pierre Zakrzewski. Le journaliste franco-irlandais, qui vivait à Londres, était un habitué des zones de guerre et a couvert des conflits en Irak ou encore en Afghanistan.

Mais le caméraman chevronné n’est pas le seul à avoir perdu la vie. Le premier communiqué de Fox News ne mentionnait pas Oleksandra Kuvshynova, pourtant elle aussi tuée dans l’attaque. La jeune Ukrainienne de 24 ans était « fixeuse » pour les journalistes américains.


Le journaliste américain Benjamin Hall a aussi été grièvement blessé aux jambes. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères français Jean-Yves Le Drian a adressé ses condoléances aux familles des journalistes et a condamné « toute action qui prend [les journalistes] pour cible ».

« Au moins 30 journalistes » ont été blessés par les forces russes en trois semaines de conflit, a déclaré Loudmyla Denissova, chargée des droits humains auprès du Parlement ukrainien lundi. Dès le 8 mars, l’organisation Reporters sans Frontières (RSF) avait alerté et accusé les forces russes de tirer délibérément sur des voitures portant le signe « presse ».

Lundi, la Russie a bombardé une nouvelle tour de télévision près de Rivne, à environ 160 km à l’est de la Pologne, provoquant la mort de 20 personnes. De quoi inquiéter jusqu’au ministre des Affaires étrangères qui constate une « extrême dangerosité du théâtre ukrainien ».