Guerre en Ukraine : Nouvelles réunions à partir de lundi à l’ONU

DIPLOMATIE Le Conseil de sécurité va notamment discuter lundi de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe

20 Minutes avec AFP
L’Assemblée générale de l'ONU, à New York le 3 mars 2022.
L’Assemblée générale de l'ONU, à New York le 3 mars 2022. — CHINE NOUVELLE/SIPA

L’Ukraine va une nouvelle fois être au cœur des discussions à partir de lundi à l' ONU​. Durant la semaine, plusieurs réunions vont être consacrées à la guerre sans qu’il soit acquis à ce stade qu’elles déboucheront sur l’adoption d’un texte, selon des diplomates.

Lundi, le Conseil de sécurité discutera de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe. Président en 2022 de l’ OSCE, le ministre polonais des Affaires étrangères, Zbigniew Rau, devrait intervenir lors de la session, a précisé l’une de ces sources. Celle-ci est annuelle mais prendra un tour particulier avec la guerre en Ukraine, avec probablement de nouveaux appels à la paix.

Discussions d’une résolution sur l’aide humanitaire

Depuis deux semaines, un projet de résolution franco-mexicain sur l’aide humanitaire est par ailleurs discuté entre certains membres du Conseil de sécurité. Aucune date n’a encore été avancée pour un vote qui était à l’origine espéré début mars. Vendredi, l’ambassadeur chinois à l’ONU, Zhang Jun, a indiqué n’avoir pas encore vu de texte finalisé.

Selon une version du projet, le Conseil déplorerait « les conséquences humanitaires désastreuses des hostilités contre l’Ukraine », exigeant « une cessation immédiate des hostilités » et « de toutes les attaques contre des civils ». Le texte imposerait également de protéger « les civils, dont le personnel humanitaire et les personnes vulnérables, y compris les enfants ».

Contourner un veto russe

Ce projet risque un veto de la Russie qui rejette tout texte politique, selon des diplomates, dont certains suggèrent de le soumettre directement à l’Assemblée générale de l’ONU (193 membres). Le veto n’existe pas dans cette enceinte où les résolutions ne sont pas contraignantes comme celles du Conseil de sécurité. Le 2 mars, l’Assemblée générale avait d'ailleurs approuvé massivement une résolution condamnant « l’agression » russe et « exigeant » de Moscou son « arrêt immédiat ». 141 pays avaient voté pour, 5 contre, 35 s’abstenant.

Le Conseil de sécurité pourrait enfin se réunir sur les violations des droits humains, selon des diplomates. Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), le Britannique Karim Khan, qui participerait à une telle réunion, a exhorté vendredi les parties en Ukraine à ne pas utiliser d’armes lourdes dans des zones habitées.

La CPI, qui siège à La Haye, a été créée en 2002 pour juger des individus poursuivis notamment pour des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité ou des actes de génocide. L’Ukraine n’a pas signé le Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI, mais elle a en 2014 officiellement reconnu la compétence de la Cour pour les crimes commis sur son territoire. Moscou a par contre retiré en 2016 sa signature du Statut de Rome. Des Russes ne pourraient être ainsi poursuivis que s’ils sont arrêtés sur le territoire d’un Etat respectant la juridiction de la CPI.