Guerre en Ukraine : Florence Parly et le chef d’état-major mettent en garde contre l’imprévisibilité de Poutine

CONFLIT La ministre des Armées et le chef d’état-major français mettent en garde contre l’imprévisibilité de Vladimir Poutine, deux semaines après le début de son offensive contre l’Ukraine

20 Minutes avec AFP
La ministre des Armées Florence Parly a estimé vendredi que « personne aujourd’hui n’est capable d’anticiper quelles sont les intentions de M. Poutine ».
La ministre des Armées Florence Parly a estimé vendredi que « personne aujourd’hui n’est capable d’anticiper quelles sont les intentions de M. Poutine ». — Alfonso Jimenez/Shutterstock/SIPA

La ministre des Armées Florence Parly a estimé vendredi que « personne aujourd’hui n’est capable d’anticiper quelles sont les intentions de M. Poutine », lors d’un déplacement à la base navale de Toulon (Var). L’absence de victoire militaire rapide en Ukraine, initialement escomptée par Moscou, « rend Vladimir Poutine d’autant plus imprévisible », abonde le chef d’état-major français, le général Thierry Burkhard, dans une lettre adressée à ses officiers généraux.

L’invasion russe lancée le 24 février « devait montrer la force de la Russie, c’est l’inverse qui se produit. Cela rend Vladimir Poutine d’autant plus imprévisible », avertit le haut gradé dans cette missive datée de mercredi rendue publique par le compte Twitter Opexnews et authentifiée par l’état-major.

« Nous devons faire preuve d’une vigilance accrue »

« En cette période extrêmement dangereuse, marquée par une très grande tension, nous devons donc faire preuve d’une vigilance accrue afin de faire face à toute nouvelle menace. Tout peut arriver et nous devons y être prêts », souligne-t-il, alors que Washington et Londres s’inquiètent notamment d’une possible utilisation d’armes chimiques en Ukraine par Moscou.

Le président russe « est désormais dans une situation stratégique qu’il n’avait pas anticipée », fait valoir le général Burkhard. « Il est clair que Vladimir Poutine a sous-estimé plusieurs choses : la combativité des forces ukrainiennes (…) la solidarité européenne extrêmement forte, l’ampleur de l’émotion internationale ou encore la sévérité des sanctions ».

Interrogée par la presse sur d’éventuelles failles dans l’anticipation par les pays européens de l’invasion russe de l’Ukraine, la ministre a assuré : « Ce qui était visible, nous l’avons vu », mais « il est difficile d’anticiper les intentions du président Vladimir Poutine, d’autant plus lorsque ce qui est dit n’est pas ce qui est fait. »

Il faut « envisager toutes les options »

Concernant les suites du conflit en Ukraine, « je considère qu’en dépit de la remarquable résistance dont elles font preuve, les forces ukrainiennes, confrontées à la difficulté de tenir un dispositif étiré, sans réserve opérative, pourraient connaître un effondrement subit », estime le général Burkhard, tout en notant que « la défense civile – ou territoriale – ne prendra pas fin » et que « la guerre pourrait durer ».

L’armée russe a étendu vendredi son offensive à une autre grande ville d’Ukraine, Dnipro (centre), et poursuivi ses bombardements sur des zones d’habitations et des infrastructures civiles, poussant toujours plus de civils à fuir vers l’ouest et les pays européens voisins. Ce vendredi, Florence Parly a jugé qu’il fallait « envisager toutes les options », espérant « un cessez-le-feu le plus rapidement possible » et appelant à la « désescalade ».

La France soutient l’Ukraine notamment en livrant des armes et du matériel aux armées ukrainiennes, a rappelé la ministre. Florence Parly a rappelé que la France est également mobilisée à travers l’armée de l’air « avec des missions de police du ciel dans les pays baltes et en Pologne ». Le porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle a lui été repositionné en Méditerranée centrale pour assurer des missions de défense aérienne au-dessus de la Roumanie