Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky s'impatiente, la Russie au bord du défaut de paiement

RECAP « 20 Minutes » fait le point pour vous tous les soirs sur l’avancée du conflit en Ukraine

M.P. avec AFP
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Le magasin Louis Vuitton fermé est visible dans le grand magasin GUM State, à Moscou, en Russie. Les marques de luxe françaises ont annoncé la suspension de leurs activités en Russie.
Le magasin Louis Vuitton fermé est visible dans le grand magasin GUM State, à Moscou, en Russie. Les marques de luxe françaises ont annoncé la suspension de leurs activités en Russie. — Evgeny Odinokov/SPUTNIK/SIPA
  • La Russie a lancé son « opération militaire » en Ukraine le jeudi 24 février. Tous les soirs, à 19h30, 20 Minutes vous propose son point récap' sur le conflit devenu une guerre qui fait chaque jour des victimes, des blessés et des milliers de réfugiés.
  • Qui a fait quoi ? Qui a dit quoi ? Et qui soutient qui et pourquoi ? Vous saurez tout sur l’avancée des négociations et sur les événements de cette crise qui secoue la Russie, l’Ukraine, l’Europe ou encore les Etats-Unis.
  • Le président Ukrainien semble de plus en plus agacé par l’absence de soutien occidental sur le terrain alors que lui-même y apparaît de plus en plus présent.

Vous avez raté les derniers événements sur la guerre déclenchée par Vladimir Poutine en Ukraine ? Pas de panique, 20 Minutes fait le point pour vous tous les soirs, à 19h30. Qui a fait quoi ? Qui a dit quoi ? Où en sommes nous ? La réponse ci-dessous :

L’info du jour

Volodymyr Zelensky a appelé mercredi les Occidentaux à lui envoyer « au plus vite » des avions de chasse, à commencer par les Mig-29 proposés par Varsovie malgré une mise en garde du Kremlin. « Prenez une décision au plus vite, envoyez-nous des avions ! », a lancé le président ukrainien aux Occidentaux dans une nouvelle vidéo postée sur sa chaîne Telegram. Il a remercié Varsovie pour avoir proposé d’envoyer ces avions à l’Ukraine et regretté qu'« aucune décision » « n’ait (encore) été prise ». La veille, la Pologne avait pris les Américains par surprise en se disant « prête à déplacer sans délai et gratuitement tous ses avions Mig-29 sur la base de Ramstein (en Allemagne) et à les mettre à la disposition du gouvernement des Etats-Unis », pour que ces derniers les livrent à l’Ukraine.

Les Etats-Unis craignent un élargissement du conflit, car la Russie a prévenu qu’elle considérerait l’envoi de tels avions par un pays tiers comme une implication directe dans le conflit. Washington a donc rejeté sèchement la proposition polonaise.

Le chiffre du jour

160. C’est le nombre de d’oligarques et de parlementaires russes ajoutés à la liste noire de l’Union européenne des personnes et entités interdites d’entrée et dont les avoirs en Europe sont gelés. Les Vingt-Sept ont en effet décidé ce mercredi d’élargir leurs sanctions contre Moscou et Minsk à la suite de l’invasion de l’Ukraine en visant 14 oligarques et hommes d’affaires impliqués dans des secteurs clé de l’économie russe (agriculture, sidérurgie, télécoms…) et membres de leurs familles, ainsi que 146 membres du Conseil de la Fédération de Russie (chambre haute du Parlement russe). La liste noire européenne, établie depuis l’annexion russe de la Crimée en 2014, comprend désormais 862 personnes et 53 entités au total.

La phrase

« Je ne pense pas que Poutine ait jamais imaginé que les sanctions financières puissent être aussi puissantes »

Ce sont les mots de Josep Borrell, lancés à l’issue d’un débat sur la sécurité en Europe au Parlement européen, à Strasbourg. « Quand nous disions qu’il y aurait de "lourdes conséquences", Poutine rigolait, maintenant il ne rigole plus », a encore déclaré le chef de la diplomatie européenne.

La tendance du jour

En Russie, les sanctions occidentales font de plus en plus sentir leurs effets. Ainsi, l’agence de notation Fitch a de nouveau abaissé la note qu’elle accorde à la dette de la Russie, une décision signifiant que le risque d’un défaut souverain est à ses yeux « imminent ». Un défaut de paiement de Moscou serait une première depuis la grande crise financière de 1998. Autre effet des sanctions : selon le quotidien russe Kommersant, Moscou pourrait bientôt manquer de médicaments, notamment d’insuline, outre d’autres produits fabriqués à l’étranger.

Selon Cyrille Bret, chercheur associé à l’Institut Jacques Delors, que nous recevions en live en direct sur Instagram pour répondre aux questions de nos lecteurs, c’est cette « asphyxie économique » qui pourrait véritablement stopper Vladimir Poutine. « Les Européens ont pris un train de sanctions absolument extraordinaire et historique. C’est la résistance et la solidarité des Européens entre eux, et avec les Ukrainiens, qui peuvent amener les troupes russes à arrêter leurs opérations, c’est le pari qu’on fait les Européens ».

Le Kremlin a dénoncé la « guerre économique » déclarée par les Etats-Unis à la Russie, à la suite de l’annonce par Washington d’un embargo sur les importations de pétrole et de gaz russes, en plus des autres sanctions. Et demain, jeudi, la diplomatie tentera de reprendre ses droits, avec une rencontre annoncée en Turquie des ministres des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov, ukrainien Dmytro Kuleba, avec leur homologue turc Mevlüt Cavusoglu comme médiateur. En attendant, les Bourses d’Europe continentale ont rebondi d’environ 7 % mercredi soir. A Paris, le CAC 40 est monté de 7,13 %.