Guerre en Ukraine : Deuxième fournisseur de l’UE, la Norvège dit ne pas pouvoir augmenter ses livraisons de gaz

ENERGIE La Norvège couvre environ 20 % des besoins européens en gaz naturel contre 45 % pour la Russie

20 Minutes avec AFP
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Un gazoduc (illustration).
Un gazoduc (illustration). — Alexey Vitvitsky/SPUTNIK

Les Européens vont devoir aller chercher ailleurs qu’en Norvège une alternative au gaz russe. Deuxième fournisseur de gaz à l’ Union européenne derrière la Russie, le pays produit déjà à plein régime et ne peut augmenter ses livraisons, a en effet répété mardi son Premier ministre Jonas Gahr Store.

Grâce à ses immenses gisements en mer, le royaume scandinave couvre environ 20 % des besoins européens en gaz naturel contre 45 % pour la Russie, pays à l’égard duquel l’UE veut aujourd’hui réduire sa dépendance à la lumière de l’offensive militaire en Ukraine.

La production ne peut pas se changer « d’un jour à l’autre »

« La Norvège livre au maximum de ses capacités. Le gouvernement est en contact avec les entreprises chargées de la production et des exportations via les gazoducs, et elles livrent du gaz au maximum de leurs capacités aujourd’hui », a expliqué Jonas Gahr Store. « On ne peut prendre une décision d’augmenter d’un jour à l’autre parce que (la production) est au maximum sur les champs existants », a-t-il ajouté lors d’une conférence de presse conjointe avec le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki en visite à Oslo.

Les deux hommes ont évoqué les liens énergétiques entre leurs pays alors que l’UE cherche à réduire de deux tiers ses importations de gaz russe. Un gazoduc, le Baltic Pipe, est en cours d’achèvement entre la Norvège et la Pologne via le Danemark. Achevé « vers la fin de l’année, en octobre ou novembre » selon Mateusz Morawiecki, il permettra d’acheminer 10 milliards de m3 de gaz norvégien vers la Pologne chaque année, de quoi couvrir la moitié de sa consommation.

« Aujourd’hui, nous savons pertinemment que nous devons être indépendants du pétrole et du gaz russes, et c’est pour cela que je presse la Commission européenne et nos autres collègues d’Europe de l’Ouest de concevoir une feuille de route vers l’objectif souhaité », a indiqué le Premier ministre polonais.

Selon l’exécutif européen, l’UE pourrait se passer complètement de gaz russe « bien avant 2030 ». Les Etats-Unis ont quant à eux annoncé mardi une interdiction d’importer des hydrocarbures russes et le Royaume-Uni a décidé l’arrêt de ses importations d’énergie russe d’ici fin 2022.