L'est du Tchad toujours en proie aux combats

AFFRONTEMENTS Les rebelles de l'UFR s'opposent aux forces gouvernementales...

Avec agence

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L'armée affirme avoir "fait plusieurs dizaines de prisonniers". Une vingtaine de prisonniers hagards, dont cinq blessés, ont été présentés à la presse par les autorités. De très jeunes soldats probablement mineurs faisaient partie des prisonniers.
L'armée affirme avoir "fait plusieurs dizaines de prisonniers". Une vingtaine de prisonniers hagards, dont cinq blessés, ont été présentés à la presse par les autorités. De très jeunes soldats probablement mineurs faisaient partie des prisonniers. — Patrick Fort AFP

Les affrontements meurtriers continuent dans l’est du Tchad. Un an après la violente offensive rebelle à Ndjamena, les troupes de l'Union des forces de la résistance (UFR, alliance de neuf factions rebelles) s’opposent depuis cinq jours aux forces gouvernementales.

Vendredi, de «violents combats» terrestres ont été engagés «dès les premières heures» du jour près d'Am-Dam, à plus de 100 km au sud d'Abéché, selon les deux parties. Abéché (600 km de la capitale) est une ville stratégique où se trouvent les sièges de plusieurs ONG, un aéroport militaire (utilisé par Tchadiens et Français) ainsi que le commandement militaire tchadien pour l'est du pays.

Bilan meurtrier

N'Djamena a affirmé à la télévision publique avoir «neutralisé» 60 véhicules de la rébellion, ce qu'a réfuté une source rebelle jointe par l'AFP. La rébellion a, elle, revendiqué dans un communiqué «plusieurs dizaines de morts et blessés» et plusieurs prisonniers faits dans le camp adverse. Rebelles et forces gouvernementales s'étaient déjà affrontés jeudi vers la localité d'Am-Deressa, proche d'Am-Dam, utilisant d'importants moyens aériens et terrestres.

Selon Ndjamena, qui s'exprime ce vendredi, les combats auraient fait 247 morts en deux jours, dont 225 parmi les insurgés. Auparavant, l'armée tchadienne avait annoncé 125 morts parmi les rebelles et 21 parmi les militaires. L'UFR a réfuté ce bilan sans en fournir d'autre. Les combats de jeudi ont aussi fait 30 blessés parmi les militaires, selon l'armée, qui a annoncé avoir fait 152 prisonniers.

L'est du Tchad abrite quelque 450.000 réfugiés soudanais, centrafricains et des déplacés tchadiens, auxquels de nombreuses organisations apportent une assistance humanitaire. Entrée le 4 mai au Tchad en provenance du Soudan, l'UFR dit viser N'Djamena, la capitale, où une précédente coalition de rebelles avait pénétré en février 2008, manquant de peu de renverser le président Idriss Deby Itno.


CONDAMNATION Le Conseil de sécurité de l'ONU devait consacrer vendredi une réunion au Tchad. L'offensive rebelle a été condamnée ces dernières heures par les Etats-Unis, la France, l'Union européenne (UE) et l'Union africaine (UA).