Guerre en Ukraine : Plus de 5.000 manifestants pacifistes contre l’intervention militaire arrêtés en une journée en Russie

REPRESSION C’est un nombre supérieur à celui qui avait accompagné la vague de protestations contre l’emprisonnement d’Alexeï Navalny

X.R. avec AFP
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Plus de 5.000 manifestants ont été arrêtés en Russie.
Plus de 5.000 manifestants ont été arrêtés en Russie. — Sergei Fadeichev/TASS/Sipa USA/SIPA

La répression et la censure continuent leur œuvre en Russie. Alors qu’une loi a été adoptée vendredi punissant « les informations mensongères » sur les activités de l’armée russe en Ukraine, de la simple amende à une peine de 15 ans de prison, au moins 5.000 personnes ont été arrêtées dimanche dans des manifestations. Le chiffre est dressé par l’ONG OVD-Info, spécialisée dans le suivi des manifestations. Quelque 2.300 personnes ont été interpellées rien qu’à Moscou dimanche, et 1.253 à Saint-Pétersbourg, selon OVD-Info. Au moins 320 d’entre elles ont passé la nuit au poste de police, toujours selon la même source. Des actions ont aussi eu lieu dans des 69 villes partout dans le pays.


Il s’agit d’un nombre d’une ampleur inédite en une seule journée, bien plus que lors de la vague de protestations début 2021 à travers le pays contre l’emprisonnement de l’opposant Alexeï Navalny. Ce dernier, depuis sa prison, a appelé les Russes à se réunir tous les jours sur la place principale de leur ville pour réclamer la paix en Ukraine, malgré la menace de lourdes peines de prison.

Lois répressives et interventions brutales

A l’image de la loi contre les « informations mensongères », ceux qui manifestent ou appellent à manifester contre la présence militaire russe en Ukraine s’exposent aussi à des amendes, conformément à un nouvel article du code administratif qui interdit les actions publiques « discréditant les forces armées ». En cas de récidive, ces infractions peuvent être passibles de trois ans de prison.

Ces dernières années, des dizaines de manifestants ont par ailleurs été condamnées à de sévères peines d’emprisonnement pour « violences contre la police », des motifs considérés par nombre d’ONG comme inventés ou fortement exagérés. A l’inverse, Plusieurs militants ont publié des vidéos montrant des interpellations brutales, à coups de pied et de matraque.