Guerre en Ukraine : Lviv tente de protéger son héritage culturel d’une éventuelle attaque russe

PATRIMOINE MONDIAL L’Unesco a classé cette ville de 700.000 habitants, située à l’ouest de l’Ukraine

20 Minutes avec AFP
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Une statue enveloppée de mousse et d'une bâche protectrice, dans le centre de Lviv le 4 mars 2022.
Une statue enveloppée de mousse et d'une bâche protectrice, dans le centre de Lviv le 4 mars 2022. — Bernat Armangue/AP/SIPA

Alors que la guerre approche, Lviv tente de protéger son riche héritage culturel qui lui vaut une inscription sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco. Dans cette ville de l’ouest de l’ Ukraine, à moins de 80 km de la frontière avec la Pologne, les innombrables statues sont désormais enveloppées de mousse, de bâches et de tissus antifeu pour les protéger d’une éventuelle attaque.

De Neptune, qui trône avec trois autres sculptures inspirées des mythologies grecque et romaine sur la place du Marché, la place centrale de cette ville de 700.000 habitants, seul le trident est encore visible. Amphitrite, Diane et Adonis ont subi un sort similaire.

Sans attendre « que le gouvernement fasse quelque chose »

Partout dans la ville, une armée d’agents s’évertue à protéger, avec des moyens de fortune, les statues. A l’origine de ce mouvement se trouve Andriï Saliouk, le directeur de la « Société pour la protection des monuments » qui en temps normal sensibilise les habitants et les autorités à la préservation du patrimoine.

« Un historien de l’art est venu me dire que s’il y avait un bombardement, Dieu nous en protège, on pouvait perdre les vitraux », confie-t-il dans son bureau, où sont suspendus plusieurs drapeaux ukrainiens et les insignes de nombreux bataillons se battant dans l’est du pays. « On n’a pas attendu que le gouvernement fasse quelque chose, que quelqu’un rédige une demande de financement. J’ai sorti l’argent, on a réuni une équipe et acheté les matériaux », poursuit-il, précisant avoir été soutenu par des donateurs aisés.

Des objets du XIVe siècle

Aux côtés d’Andriï Saliouk figurent des restaurateurs d’art mais aussi des entrepreneurs du BTP, bons connaisseurs des chantiers de construction. Ce sont eux, par exemple, qui ont conseillé les matériaux à utiliser pour protéger les vitraux des multiples églises de la ville. Andriï Potchekva est un de ces restaurateurs. Ce quadragénaire supervise l’installation de panneaux sandwich devant protéger les vitraux de la Basilique-cathédrale de l’Assomption, dont la construction remonte à la fin du XIVe siècle. « Nous sommes bien conscients que nous ne sommes pas en mesure de les protéger d’un impact direct, mais nous essayons autant que possible de les protéger de tout dommage léger », confie-t-il.

Sur un côté de la cathédrale, une imposante sculpture représentant le Saint Sépulcre est déjà enveloppée de mousse et de draps protecteurs, sous le regard approbateur de Liliya Onichtchenko, responsable de la protection du patrimoine culturel pour la municipalité de Lviv. Dans une l’église arménienne, un autel en bois du XIVe siècle récemment restauré a été démantelé et déplacé par protection, « comme pendant la Première Guerre mondiale ». Selon elle, les musées de la ville ont en outre mis à l’abri leurs expositions.