Guerre en Ukraine : L’Allemagne augmente sa livraison d’armes aux Ukrainiens avec 2.700 missiles antiaériens

DEFENSE Le gouvernement allemand a déjà décidé d’envoyer des casques et 500 missiles aériens

M.F avec AFP
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L'armée allemande. (illustration)
L'armée allemande. (illustration) — Action Press/Shutterstock/SIPA

L’Allemagne a décidé mercredi d’envoyer encore plus d’armes à l’Ukraine pour se défendre face à l’invasion russe. Ce sont ainsi 2.700 missiles antiaériens qui sont partis à l’est, après que le gouvernement allemand « a approuvé un soutien supplémentaire à l’Ukraine ».

Ironie du sort, il s’agit de missiles de type Strela, de fabrication soviétique et qui proviennent des stocks de l’armée de l’ancienne Allemagne de l’Est communiste. Ces stocks avaient été intégrés à ceux de l’armée nationale allemande, la Bundeswehr, lors de la réunification allemande en 1990, et sont donc vieux de plus de trente ans.

Un tournant dans la politique allemande de l’après-guerre

En outre, le ministère allemand de la Défense a fait parvenir ces derniers jours 18.000 casques militaires supplémentaires à Kiev, s’ajoutant à une première livraison de 5.000 unités, portant le total à 23.000. Berlin avait déjà autorisé samedi la livraison à Kiev de 500 missiles antiaériens de type Stinger, de 1.400 lance-roquettes antichar et de neuf obusiers, tous arrivés entre-temps en Ukraine. Les obusiers sont aussi de fabrication soviétique.

La décision de Berlin d’envoyer des armes en Ukraine a marqué un tournant dans la politique allemande de l’après-guerre, le pays s’étant auparavant toujours interdit, en raison de son histoire sous le nazisme, d’exporter des armes « létales » dans des zones de conflit. Le chancelier Olaf Scholz a justifié ce revirement par la « césure » que constitue l’invasion russe en Ukraine, qui oblige l’Allemagne à repenser ses priorités.

La question de l’utilisation des équipements de fabrication soviétique pour venir en aide à l’Ukraine suscite un certain débat dans le pays depuis plusieurs semaines. « La RDA n’a pas fait en sorte en 1989 que les événements » liés à la chute du mur de Berlin « se déroulent sans violence, pour que ses armes puissent être maintenant utilisées contre la Russie », s’est exclamé le dernier chef de l’Etat de la RDA communiste, Egon Krenz dans le quotidien Berliner Zeitung.