Guerre en Ukraine : « Triés » à la frontière polonaise, des étudiants originaires de pays africains racontent

DISCRIMINATION Ce mardi, Brut, partenaire de « 20 Minutes », rencontre des victimes de ségrégation raciale lors de leur fuite d’Ukraine

O.M. avec Brut
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Cette Nigériane dénonce des difficultés à fuir l'Ukraine en raison de ses origines
Cette Nigériane dénonce des difficultés à fuir l'Ukraine en raison de ses origines — BRUT Media (capture d'écran)

Si l’ONU avance désormais le chiffre de 660.000 personnes ayant quitté l’Ukraine à la suite de son invasion par les troupes russes, il semble que toutes ne bénéficient pas du même accueil à la frontière polonaise : après les rumeurs selon lesquelles des réfugiés originaires de pays africains y seraient « bloqués », des témoignages semblent hélas confirmer des actes de discrimination.

Johanna, une Nigériane étudiante en médecine à Kharkiv, partage son expérience : « J’ai pris un taxi pour quitter la ville, puis j’ai dû marcher un jour et une nuit pour atteindre la frontière. Une fois arrivée, on nous a retenus sans raison alors qu’on laissait passer les Ukrainiens ». Queen Alita Peter, elle aussi nigériane, s’est vue demander de descendre d’un train parce qu’elle n’était « pas ukrainienne ».

« On n’est peut-être pas ukrainiens, mais on est des êtres humains »

Selon un autre témoignage, « les policiers ukrainiens disaient que leurs compatriotes devaient être évacués avant les Africains, ce qui a occasionné plusieurs bagarres près de la frontière ». On ignore toujours si ces faits perdurent ou s’ils sont isolés. En attendant, celles et ceux qui en ont fait la cruelle expérience les déplorent car « même si ce n’est pas notre pays, ça ne veut pas dire qu’on n’est pas humains », s’indigne Johanna. Écoutez son témoignage, et quelques autres, dans cette vidéo de notre partenaire Brut.