Guerre en Ukraine : De l'avancée des troupes à la courbe du rouble, l'invasion russe décryptée en quatre infographies

RECAP' « 20 Minutes » vous résume les enjeux du conflit en infographie

D.R. avec AFP
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Carte d'Ukraine situant les lieux où ont été enregistrés des explosions, des frappes et des combats entre forces ukrainiennes et russes et les zones sous contrôle russe, au 1er mars à 8h30.
Carte d'Ukraine situant les lieux où ont été enregistrés des explosions, des frappes et des combats entre forces ukrainiennes et russes et les zones sous contrôle russe, au 1er mars à 8h30. — Simon MALFATTO, Sabrina BLANCHARD, Cléa PÉCULIER, Kenan AUGEARD / AFP
  • La Russie continue d’envahir l’Ukraine. Ce mardi, les troupes russes se trouvent aux portes de la capitale, Kiev. Quant à la deuxième ville du pays, Kharkiv, elle a subi de très lourds bombardements.
  • La guerre provoque un déplacement de population très important. Un demi-million d’Ukrainiens se sont déjà réfugiés dans les pays limitrophes, au sixième jour de l’attaque russe.
  • Les Occidentaux ont imposé de très lourdes sanctions économiques à la Russie. Le rouble a dévissé de près de 30 % et la Banque centrale de Russie a ajusté son taux directeur de 20 %.

La Russie a envahi l'Ukraine et les troupes de Vladimir Poutine continuent leur avancée dans le pays. Ce mardi, un immense convoi militaire russe s’étirant sur plus de 60 km se trouve aux portes de Kiev. La deuxième plus grande ville du pays, Kharkiv, fait l’objet de bombardements soutenus tandis que les sanctions continuent à s’égrener contre Moscou. 20 Minutes fait le point en infographies sur la guerre en Ukraine et ses enjeux.

L’avancée des troupes de Vladimir Poutine

Carte d'Ukraine situant les lieux où ont été enregistrés des explosions, des frappes et des combats entre forces ukrainiennes et russes et les zones sous contrôle russe, au 1er mars à 8h30.
Carte d'Ukraine situant les lieux où ont été enregistrés des explosions, des frappes et des combats entre forces ukrainiennes et russes et les zones sous contrôle russe, au 1er mars à 8h30. - Simon MALFATTO, Sabrina BLANCHARD, Cléa PÉCULIER, Kenan AUGEARD / AFP

Sur cette carte, on peut voir l’avancée des soldats russes en Ukraine, au sixième jour de la guerre ordonnée par Vladimir Poutine. Depuis le début du conflit, Moscou bombarde l’ensemble du pays, y compris l’ouest. Lviv, à quelques dizaines de kilomètres de la Pologne, a été touchée par des bombardements.

Les troupes russes descendent sur Kiev où un convoi de plus de 60 kilomètres se dirigent s’approche ce mardi, et sur la deuxième ville du pays Kharkiv. Cette dernière, à quelques dizaines de kilomètres de la Russie n’est pas encore tombée aux mains de Moscou. Elle a subi de très lourds bombardements dans la nuit et, encore, la matinée de mardi. La place de la Liberté a notamment été bombardée. Les soldats de Moscou remontent aussi par la Crimée, que la Russie a annexée en 2014.

Plus de 660.000 réfugiés ukrainiens

Carte d'Europe montrant l'afflux de réfugiés venus d'Ukraine dans les pays européens, au 28 février à 16 heures, selon le Haut-commissariat aux réfugiés.
Carte d'Europe montrant l'afflux de réfugiés venus d'Ukraine dans les pays européens, au 28 février à 16 heures, selon le Haut-commissariat aux réfugiés. - SABRINA BLANCHARD, CLÉA PÉCULIER / AFP

La guerre est synonyme de déplacements de population. Près de 660.000 réfugiés ukrainiens fuyant l’invasion de leur pays par la Russie ont afflué depuis jeudi dans des pays frontaliers, selon le dernier recensement de l'ONU publié ce mardi matin. La Pologne , qui a déclaré son soutien indéfectible à l’Ukraine, accueille de très loin le plus grand nombre de réfugiés qui arrivent depuis le début de l’invasion russe. Au total, ils étaient 281.300, selon le décompte du HCR. L’UE s’est dite « pleinement préparée » à les accueillir.

La France, qui portait lundi devant le Conseil de sécurité de l’ONU une résolution sur l’aide humanitaire à l’Ukraine, a envoyé 33 tonnes d’aide humanitaire en Pologne pour aider les Ukrainiens. Plus de 30 tonnes de matériel partiront également pour la Moldavie, qui accueille plus de 36.000 réfugiés, en début de semaine. De nombreuses initiatives citoyennes s'organisent aussi dans l'Hexagone.

Des sanctions économiques en réponse

Evolution du taux directeur de la Banque centrale russe depuis octobre 2013.
Evolution du taux directeur de la Banque centrale russe depuis octobre 2013. - SOPHIE RAMIS, KENAN AUGEARD / AFP

Le rouble a battu lundi des records historiques de faiblesse face au dollar et à l’euro à la Bourse de Moscou, du fait des sanctions imposées en raison de l’invasion russe de l’Ukraine. Pour défendre l’économie et la monnaie nationale face aux sanctions occidentales, la Banque centrale de Russie a dû porter son taux directeur de 9,5 à 20 % lundi matin.

Comme on peut le voir sur cette infographie, ce taux n’avait pas été atteint même en 2014 lors de l’annexion de la Crimée par la Russie. L’Union européenne, les Etats-Unis et le Canada ont trouvé samedi un consensus pour interdire à certaines banques russes l’accès aux services de Swift.

Ce mardi, le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a estimé que « nous allons provoquer l’effondrement de l’économie russe » grâce à « des sanctions d’une efficacité redoutable ». Asphyxier économiquement la Russie sera cependant difficile.

Le difficile consensus politique

Le Conseil de sécurité des Nations unies, membres permanents et membres jusqu'au 31 décembre 2022 et jusqu'au 31 décembre 2023.
Le Conseil de sécurité des Nations unies, membres permanents et membres jusqu'au 31 décembre 2022 et jusqu'au 31 décembre 2023. - js / gal / vl / sr / sim / AFP

Au banc des accusés sur la scène internationale, la Russie a subi lundi un déluge de condamnations à l’Assemblée générale de l’ONU lors d’une rare « session extraordinaire d’urgence » de ses 193 membres, dont plusieurs ont réclamé l’arrêt de son invasion de l’Ukraine, jugée « insensée ».

Pour traduire le rejet de la guerre, une résolution pilotée par les Européens en coordination avec l’Ukraine sera mise au vote prochainement, peut-être mercredi. Elle devra obtenir les 2/3 des votes Pour et Contre exprimés pour être adoptée.

Vendredi, un veto de la Russie au Conseil de sécurité – où Moscou détient un siège permanent - avait empêché l’adoption d’un texte similaire. A l’Assemblée générale, il n’y a pas de droit de veto.